‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 101 sur 332 · COMBAT POUR LA POSSESSION DU MAMELON DE LA TOUR · texte numérisé non relu

COMBAT POUR LA POSSESSION DU MAMELON DE LA TOUR

ce point : « À 1 h. 1/2, M. le prince héréditaire coinmença l'attaque avec la réserve de M. Sporcke. Le colonel Huth, commandant l'artillerie de cette réserve, établit une batterie de # pièces de 12 livres à la droite du village de Menne, une autre de la même force à la gauche du village d’Ochsendorf; pour faciliter le débouchement par ce village, une troisième batterie fut placée en decà du village d’Ochsendorf (1), derrière une butte de terre, tout attenante au village. Les deux premières batteries battaient le flanc de l'ennemi, et la dernière prenait la ligne ennemie à travers. Tout allait à point nommé, et les batteries commencèrent à tirer au moment que la tète de la colonne de la droite ontrait au village d'Ochsendorf. Les troupes que l'ennemi y avait postées se replièrent à notre arrivée sans lâcher leurs coups. Il avait posté quelques bataillons sur sa gauche qui s’y étaient formés en potence, et dès qu'il s’aperçut que nous portions nos forces les plus considérables sur une hanteur escarpte qui était sur ses derrières, il y fit marcher le régiment de Bourbonnais pour s’en emparer. M. le colonel Beckwith, commandant la brigade des grenadiers anglais qui avaient la tête de la colonne avec M. Wargot, aide-majo- de ladite brigade, se portèrent en avant avec une dizaine de grenadiers; ils donnèrent avis à M. le prince héréditaire que l'ennemi poussait vivement vers ladite hauteur, sur quoi, le prince poussa lui-même avec un peloton de 30 grenadiers sur la hauteur (2) pour s’en emparer. Les Francais qui étaient sur la pente de la montagne ne purent distinguer si le peloton était soutenu ou non, et ils se virent arrêtés près de 10 minutes, ce qui donna le temps aux bataillons de grenadiers de Doulhat d'arriver; le feu de-

. vint alors très vif. »

(1) Ossendorf dans les cartes modernes.

(2) L'sssaut anglais se fit évidemment par la pente du côté de la Dymel que, de leur position, les Français ne pouvaient découvrir.

À en croire le correspondant anonyme dont nous avons déjà cité la lettre, les bataillons de Bourbonnais étaient très faibles, le régiment étant de service et ayant à fournir les gardes et les corvées; en outre, les compagnies de grenadiers et de chasseurs, qui avaient été détachées sous Castries, ne purent rejcindre leurs corps qu’au cours de la mêlée. La lutte pour la possession du mamelon dura 1 1/2 heure, au cours de laquelle les combattants reçurent des renforts; du côté des confédérés, les grenadiers anglais de Maxwell, puis des bataillons de ligne anglais et hanovriens, entin 10 pièces de canon qu’on mit en position avec beaucoup de peine. Du côté des Français, le régiment de Bourbonnais fut appuyé successivement par la brigade de la Couronne, par la brigade suisse d’Yenner, et enfin par Rouergue qui constituait la réserve et par Touraine qu'on tira de la droite. Cinq fois notre infanterie, conduite par Castries et Ségur, revint à la charge et refoula l'ennemi à plusieurs reprises; cependant, celui-ci gagnait peu à peu du terrain, et tirait bon parti de la supériorité de son canon. Pour secourir les bataillons engagés sur le plateau contre la cavalerie de Spürcken, Du Muy appela deux brigades de cette arme.

À ce moment, on vit « déboucher dans la plaine vis-àvis de la nôtre » le reste des escadrons ennemis, « et (1) une autre colonne s’avanca contre notre droite; tant de forces vis-à-vis d’un front aussi peu garni firent craindre d'être bientôt enfoncés et enveloppés ». C'était l'entrée en scène de l'avant-garde de la grande armée. Voyant que son infanterie, épuisée par une longue marche, n’arriverait pas à temps, Ferdinand fit prendre les devants aux 22 escadrons de Lord Granby et à l'artillerie anglaise. Ces troupes, après un parcours de 8 kilomètres au trot al-

(1) Mouvements de la réserve depuis le 17 jusqu’au 31 juillet. Archives de la Guerre.

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