PRISE DE CASSEL PAR BROGLIE
tant de hâte que Broglie ne put rattraper que le lendemain les confédérés qui s'étaient retirés à Sanderhausen.
Dans sa correspondance avec Holdernesse, le prince Ferdinand (1) ne cherche pas à dissimuler l'importance de l’événement de Cassel : « Je suis au désespoir, milord, de vous annoncer la perte de la ville de Cassel, au moment que je mande à Sa Majesté la nouvelle de la défaite de M. Du Muy qui naturellement devait produire un cffet bien contraire. Il faut que je vous dise que la fortification de la ville n’a pu être achevée, au point à soutenir un siège ; mais, ayant laissé le général Kielmansegge avec 12 bataillons dans la ville et dans ses retranchements, je me flattais qu'il serait en état de se soutenir contre un corps médiocre, tel qu'est celui du prince Xavier, et qui ne saurait passer 10.000 hommes. Il est vrai que dans uu pays tel que la Hesse, on se trouve presque toujours dans l'impossibilité d : juger avec précision de la force de l'ennemi; et je dois avouer que le général Kielmansegge ne pouvait trop bien juger de celle qui l’attaquerait. »
Ferdinand soupçonne le landgrave de Hesse, peu soucieux d'exposer sa capitale aux risques d’un bombardement, d'avoir entravé les travaux en cours d'exécution mais il ne se serait pas arrêté à cette opposition, si la place avait été en état de défense : « J'avais, ajoute-t-il, ordonné, au comte Kielmansegge qu'en cas qu’il eût lieu de craindre d’être enveloppé par une force trop supérieure, il devait se retirer de la ville avec le gros de son détachement jusques à Sanderhausen, d'y attendre l'événement et d'y soutenir la ville ou d'attirer à lui la garnison, selon les circonstances. IL a pris le parti de sortir de la ville hier à midi, en prenant d’abord tout son monde avec lui. 11 s’est retiré jusques à Munden, et a été vivement
(1) Ferdinand à Holdernesse, Warburg, 1° août 1760. Record Office.