‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 106 sur 332 · INDISCIPLINE DU CORPS SAXON · texte numérisé non relu

INDISCIPLINE DU CORPS SAXON

piller, ravager et saccager à ses côtés en murmure, et je crains bien que cela rie m'occasionne beaucoup de dé: sertion. » Le commandement n'était pas à la hauteur : « Comme vous m'avez permis, Monseigneur, de penser tout haut avec vous, je ne dois pas vous laisser ignorer que nous ne manœuvrons pas trop militairement, et je crains bien que, faute de précaution et de prudence, nous ne recevions à la fin quelque échec. Notre conduite ressemble beaucoup à celle que nous avons tenue dans la campagne de Rosbach; nous n'avons que deux généraux francais ici qu'on ne consulte pas; le reste des généraux et de l'étatmajor est composé de sujets ineptes qui n’ont pas la moindre notion militaire. » Cette fâcheuse appréciation est confirmée par une note de Montchenu, attaché à l’étatmajor du comte de Lusace; cet officier nous apprend (1) que, sur les 300 prisonniers saxons faits à Northeim, 136 avaient refusé l'échange qui leur avait été offert conformément au cartel en vigueur et n'avaient pas voulu réintégrer leurs régiments.

Sur la rive opposée du Weser il y eut aussi des combats malheureux; dans la petite guerre qui’se poursuivait entre les avant-postes, les Français éprouvèrent un nouvel échec ; Saint-Victor qui avait été envoyé avec des troupes légères et quelques dragons sur la rive gauche pour établir la communication entre l’armée principale et la réserve de Lusace fut chassé de la forêt de Sababorg, le 11 août, avec perte de 200 hommes et 3 canons légers.

Cependant, l’ensemble des opérations avait été favorable à Brogiie; aussitôt après la prise de Cassel, ce général avait reporté en avant la réserve de Du Muy, occupé Stadtberg et contraint les confédérés à regagner la rive gauche de la Dymel. D'autre part, la forteresse de Ziegenhayn, à la

(1) Montchenu au comte de Broglie, Millenhausen, 14 août 1760. Archives de la Guerre.

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suite d’un siège de quelques jours, avait capitulé le 10 août avec sa garnison forte d'environ 800 hommes. « 11 est heureu.., rapporte Broglie (1), quele château ait jugé à propos de se rendre, car nos 5 pièces étaient prêtes à se taire tout à fait, et Je ne sais quand on aurait pu avoir des chevaux pour y en conduire d’autres, ainsi que des munitions. » A partir des premiers jours d'août jusqu'au 22 de ce mois, les belligérants restèrent séparés par la Dymel, Broglie sur la rive droite, son extrème gauche à Corbach, Du Muy à Erlinghausen, le quartier général à Ober Ustingen à quelques kilomètres de la rivière et à égale distance de Warburg, Liebenau et Wolkmissen; sur la rive droite du Weser, entre Munden et Gôüttingen le corps de Lusace. En face des Français, le prince Ferdinand campait sur le bord opposé de la Dymel, son quartier général à Meerhoff entre Corbeck et Warburg, sa gauche à Scherfelde, Warburg et Liebenau; Wangenheim qui avait remplacé Kielmansegge, à cheval sur le Weser dans les environs de Beverungen ; Lückner, avec un détachement, sur la rive droite du fleuve, tenant tête au comte de Lusace. Comment continuer le mouvement en avant; quels moyens employer pour forcer le prince Ferdinand à abandonner sa position derrière la Dymel? Broglie se montre très embarrassé (2) à cet égard : « La nature du pays dans lequel se fait cette campagne est telle que celui qui est sur la défensive trouve à chaque pas des postes à se placer. Depuis la prodigieuse quantité d'artillerie qu’on a dans les armées, l'attaquant a un grand désavantage. » L’insuffisance de chariots et de chevaux pour le transport journalier de 1.200 sacs de farine, la longueur de la ligne de ravitaillement dont la base, Francfort, est à 44 lieues de l’armée, s'opposent à la reprise de l'of-

(1) Broglie à Belleisle, Ober Ustingen, 11 août 1760. Archives de la Guerre. (2) Broglie à Belleisle, Ober Ustingen, 17 août 1760. Archives de la Guerre.

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