‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 107 sur 332 · EMBARRAS DES GÉNÉRAUX RIVAUX · texte numérisé non relu

EMBARRAS DES GÉNÉRAUX RIVAUX

fensive : « La quantité de troupes que je suis obligé de placer en communications, à mesure que j'avance dans le pays, la nécessité où je suis de laisser un corps considérable près Cassel pour assurer mes subsistances et la difficulté à cause de la nature du pays de m'en faire rejoindre promptement, pendant que le prince Ferdinand peut aisément tirer à lui le corps qu'il laissera sur la rive gauche du Weser, les maladies qui commencent à peupler beaucoup les hôpitaux, enfin, l’arrivée de 7.000 Anglais (1) dont la tête a débarqué le 7 à Bremerthé, tout cela fait qu'on ne peut pas regarder avec vérité l'armée du Roi qui opérera dans le pays d’Hanovre comme supérieure à celle des ennemis. » Aussi, avant de prendre un parti définitif, veut-il consulter la cour au su ct des « ordres qu'elle jugera à propos de me donner ainsi que pour les mesures qu'elle jugera à propos de prendre en conséquence ».

Dans son camp sur la rive gauche de la Dymel, le prince Ferdinand était tout aussi perplexe que son adversaire ; fort inquiet des progrès du comte de Lusace, dont les patrouilles avaient dépassé la ville de Gôüttingen, il venait d'apprendre la marche du duc de Wurtemberg, qui était rentré en scène a vec un corps de 10.000 hommes et se dirigeait sur Meiningen; il n’a personne à lui opposer; le Hanovre et le Brunswick sont ouverts à l'invasion. Pour sauver ces contrées du danger qui les menace, il ne voit d'autre remède que l'envoi d'Angleterre de nouveaux renforts en hommes et en chevaux. C'est dans ce sens qu'il adressa (2) au cabinet anglais un ardent appel, qui fut d’ailleurs assez mal recu. Le ministère anglais avait été défavorablement impressionné par la tournure générale de la campagne et surtout par la perte de Cassel. Hard-

(1) 11 s’agit des 3 bataillons des gardes, dont l'effectif ne dépassait pas au maximum 3.500 combattants.

(2) Ferdinand à Holdernesse, Warburg, 11 août 1760. Record Office.

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wicke était bien l'interprète de l'opinion publique quand il disait (1! à son ami Newcastle : « Je ne vois pas encore en quelle mesure ces actions partielles contribuent aux «summa rerum ». Elles peuvent couvrir de gloire quelques officiers et certains régiments, ce qui est fort bien en soi; mais pour servir la cause nalionale, il nous faudrait un beau succès gagné dans une affaire d'ensemble, et je m'imagine qu'on ne se soucie guère de la livrer. » De son côté, Newcastle (2) se plaint amèrement que l'accroissement considérable du contingent anglais en Allemagne et l'augmentation énorme de ia dépense n'aient abouti qu'à une campagne défensive sans espoir de résultat. Étant donné cet état d'esprit, il n’est pas surprenant que Holdernesse ait été chargé de répondre (3) à la requête de Ferdinand par une fin de non-recevoir : Il allégua la faiblesse des effectifs en Angleterre et la difficulté de lever des recrues qui ne pouvaient s’obtenir que par voie d'engagements volontaires, comme raisons péremptoires pour refuser tout renforcement des troupes britanniques affectées à la guerre du continent. Force fut à Ferdinand de chercher une autre combinaison.

(1) Hardwicke à Newcastle, 10 août 1760. Newcastle Papers. (2) Newcastle à Yorke, 12 août 1760. Newcaslle Papers. (3) Holdernesse à Ferdinand, 26 août 1760. Record Oface.

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