CLOSTERCAMP
SURPRISE DE ZIERENBERG. — COMBATS DE FRANCKENAU ET DE DRAUNSFELD. — DIVERSION DU PRINCE HÉRÉDITAIRE EN WESTPHALIE. — CASTRIES SUR LE BAS-RHIN. — BATAILLE DE CLOSTERCAMP. — FERDINAND ENVAHIT LA HESSE. — DÉFAITE DES SAXONS. — SIÈGE DE CASSEL. — RETOUR OF- FENSIF DE BROGLIE. — COMBAT DE GRÜNBERG. — RETRAITE DE FERDINAND.
Depuis le combat de Warburg jusqu’au 22 août, c’est-àdire pendant trois semaines, Broglie conserva sa position d'observation sur la rive droite de la Dymel. De son quartier général d’Ober Ustingen, il entretint avec le maréchal de Belleisle une correspondance active dont le contenu dévoile les sentiments peu sympathiques, pour ue pas dire antipathiques, que les écrivains éprouvaient l’un à l'égard de l’autre. Le ministre, tout en cherchant loyalement à subvenir aux besoins de l’armée, ne ménage pas ses critiques, pose des questions embarrassantes, chicane sur les détails, intervient dans la composition des états. majors, se plaint d’être insuffisamment renseigné, de voir la primeur des nouvelles passer par des mains étrangères avant de parvenir au Ministère; il fait volontiers des confidences à ses amis de l’armée et, dans ses lettres intimes, ne dissimule en aucune façon son opinion sur la conduite et le caractère de leur chef. Aux épitres officielles, Broglie, autoritaire, susceptible, réplique sur un
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ton sarcastique qui n'était pas pour plaire; se croyant ou se sentant en butte à l'hostilité de la cour, il ne veut rien entreprendre de sa propre initiative et insiste pour abriter sa responsabilité derrière l'autorisation royale.
Belleisle, malgré les résultats acquis, n'est pas satisfait des incidents de la campagne. À bon drcit, il souligne les surprises dont nos détachements étaient trop souvent les victimes, et les captures en hommes que l’ennemi nous infligeait malgré son infériorité numérique. Il n'ose pas s'expliquer à ce sujet avec Broglie et c'est à Castries, son neveu, qu’il s'adresse (1) : « J'apprends chaque jour des pertes et fort peu de revanches; aussi, par l'état que m'envoie le commissaire Lasalle, nous sommes furieusement en arrière sur l’article des prisonniers, et sans les trois garnisons que nous avons prises avec l’hôpital de Cassel, ce serait bien pire. » Quelques jours après, au même correspondant (2) : « Le nombre des officiers prisonniers qui sont entre les mains des ennemis est bien différent de ceux que nous avons faits chez eux. Il est bien malheureux de perdre sans cesse et de voir qu'indépendamment des grandes actions, le journalier nous coûte chaque mois presque le double de ce que les ennemis perdent. » Belleisle s’en prend à Broglie (3) qui s'était efforcé d'excuser ses lieutenants : « Si vous ne vous mettez pas en peine de savoir autre chose que ce qui concerne le courage des officiers généraux et des troupes, sans chercher à connaitre les raisons qui ont pu procurer le succès ou le malheur d’une opération qui se passe si près de vous et pour ainsi dire sous vos yeux, comment le Roi qui est à 150 lieues peut-il espérer de savoir le vrai? CommentS. M. peut-elle connaitre qui elle doit récompenser ou blämer”? »
(1) Belleisle à Castries, 19 août 1760. Archives de la Guerre.
(2) Belleisle à Castries, 23 août 1760. Archives av la Guerre. (3) Belleisle à Broglie, 23 août 1760. Archives de la Guerre,