‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 110 sur 332 · BROGLIE SE RAPPROCHE DE CASSEL · texte numérisé non relu

BROGLIE SE RAPPROCHE DE CASSEL

campagnes précédentes, il n'y avait pas un polisson dans l’armée qui ne sût deux ou trois jours à l'avance ce qu’elle devait faire; il n’en est pas de même aujourd'hui, on ne sait qu’en arrivant dans un nouveau camp l'objet de la marche, et c’est en quoi M. le maréchal de Broglie mérite les plus grands éloges, le secret étant un des principaux ressorts des opérations. »

Que le nouveau généralissime fût très supérieur à ses prédécesseurs, que le personnel de l’armée, généraux, officiers et soldats eussent acquis une expérience de la guerre qui faisait défaut dans les premières campagnes, cela estincontestable ; et cependant l’armée française, pendant la seconde période des opérations, n’obtint pas les succès que les débuts eussent fait espérer. L’épuisement des ressources locales, le manque de fourrages pour sa nombreuse cavalerie, décidèrent enfin Broglie à abandonner ies rives de la Dymel et à se rapprocher de Cassel; Le 22 août, en une marche, il gagna le village d'Immenhausen où il conserva son quartier général jusqu’au 13 septembre. Ferdinand ne quitta pas Warburg et se contenta de faire inquiéter l’arrière-garde française par le corps du prince héréditaire ; il y eut un combat assez vif entre la cavalerie anglaise et les dragons français, au cours duquel les régiments Royal Dragons et Thianges subirent des pertes sérieuses compensées dans une certaine mesure par la capture des deux partisans Scheiter.

La pro'ongation da séjour du général hanovrien à Warburg déjouait les projets de son adversaire : « De tous les partis que ce prince pouvait prendre, écrit Broglie (1), celui de demeurer à Warburg est celui qui me déplait le plus, puisqu'il me force à faire rester sur la rive gauche de la Fulda la plus grande partie de l’armée, de peur que, si je la faisais passer de l’autre côté, il ne se portât sur

(1) Broglie à Belleisle, Immenhausen, 23 août 1760. Archives dela Guerre,

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Cassel, m'interceptat le transport des farines de Ziegenhayn et Marburg, ne m’obligeât par là à revenir bien vite, etne me rendit peut-être très difficile le passage de la Fulda pour remettre l’armée sur la rive gauche. Cependant, comme il est impossible de demeurer longtemps ici à cause des fourrages qui nous manqueraient incessamment, je ferai partir demain au soir quatre brigades d’infanterie, trois de cavalerie et 12 pièces de gros canon pour aller joindre après-demain M. le.comte de Lusace, Cela le mettra en état, si les ennemis n'ont pas fait passer le Weser à un plus grand nombre de troupes, de se porter

sur le camp d’Uslar où il a grande envie d'entreprendre,

et voir si cela ne déterminera pas le prince Ferdinand à prendre un parti. »

Malh>ureusement, cette importante dépêche tomba entre les mains des hu:sards prussiens et son contenu ne fit que confirmer le prince Ferdinand dans son intention de se maintenir sur la Dymel. La divulgation du mouvement sur Uslar, le mauvais état des chemins et les difficultés de ravitaillement firent renoncer à la pointe vers le Hanovre.

Parmi les correspondances enlevées, il s’en trouva quelques-unes qui durent édifier les ministres et généraux anglais sur le ton des rapports entre ie maréchal de Broglie et son chef hiérarchique. Le même courrier contenait un billet (1) à la duchesse : « Je vous envoie une lettre du maréchal, il faut en faire une copie pour mon oncle et en garder précieusement l'original. » Les lignes qui terminaient cette épître nous révèlent la nature affectueuse du maréchal, l'intimité des relations qu'il entretenait avec sa femme, et le sentiment du devoir auquel il obéissait : « Vous avez grande raison de penser que l’eau en vient à la bouche lorsqu'on parle de Broglie, mais je chasse cela comme une mauvaise pensée. Nous irons

(1) Broglie à la Duchesse, Immenhausen, 24 août 1760. Record Office.

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