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ments de l'armée; mais pendant le retour, ils furent rattrapés par Stainville aux environs de Franckenau, et fort malmenés. Fersen, en essayant de rallier sa cavalerie, fut mortellement blessé et pris; l'infanterie confédérée fit une retraite précipitée et ne put s'échapper sans laisser aux mains des poursuivants huit canons et bon nombre de prisonniers. Le prince héréditaire, accouru au secours de ses subordonnés, ne put que recueillir les débris du détachement. La défaite de Fersen eut pour résultat de modifier les projets du prince Ferdinand : « Cet échec, écritil (1), a en quelque facon dérangé le plan que j'avais formé de tourner l'ennemi par sa gauche, vu que le détachement fut dispersé dans les montagnes et ne s'est rassemblé que plusieurs jours après. »
Entre temps, Broglie avait quitté Immenhausen le 13 septembre et était venu s'établir avec 60 bataillons et 32 escadrons dans la banlieue de Cassel, sa droite appuyée à la ville, sa gauche à la cascade; le prince de Croÿ, à la tête de 18 bataillons, s'était replié à Munden et le comte de Lusace, avec 25 bataillons et #0 escadrons, était campé entre Gôttingen et Fried':n1d. Y compris les deux réserves, et déduction faite de la division de Stainville et des détachements chargés de surveiller la ligne de communication, le général français avait réuni autour de Cassel ou en avant de cette ville, 127 bataillons, 1#0 escadrons et des troupes légères, soit au moins 80.000 combattants. Il voulut profiter de la concentration de son armée pour tenter un coup de main contre le général Wangenheim qui était opposé au comte de Lusace sur la rive droite du Weser. Il renforca ce dernier des grenadiers de France, de 8 bataillons sous les ordres de Rougé, des carabiniers et de la cavalerie du prince de Robecq et le rejoignit lui-même, le 19 septembre, à 5 heures du ma-
(1) Ferdinand à Holdernesse, Geismar, 20 septembre 1760. Record Office.
COMBAT DE DRAUNSFELD.
tin. Sur l’autre rive du Weser, Chabo avait mission de faire des démonstrations sur Wolfhagen et Wolkmissen et de détourner l'attention de l'ennemi. A 11 heures, les Francais débouchèrent sur quatre colonnes, mais le retard de l'artillerie et les obstacles naturels du pays ne permirent d'arriver qu'à 3 heures à Draunsfeld, où Wangenheim s'était retiré. Il y eut un combat assez vif et grand échange de mousqueterie, mais les confédérés, malgré leur infériorité numérique, grâce à l'obscurité naissante et à l'abri des bois, purent repasser le Weser sans autre sacrifice que 5 canons, quelques prisonniers et la perte de leurs bagages. À la gauche de Lusace, le prince de Croÿ s'empara du pont de Wasbeck. En résumé, cette opération dont on avait espéré un gros résultat, n’aboutit qu'à forcer Ferdinand à abandonner pendant quelques jours la rive droite du Weser. Une semaine plus tard, Wangenheim y était revenu et avait repris position près d'Uslar.
Quant au plan de campagne pour la fin de la saison et aux quartiers d'hiver, ils n'étaient pas encore définitivement arrêtés. Broglie était prêt à obtempérer aux ordres que la cour lui transmettrait pour la garde de Cassel, mais se souciait peu d'assumer la responsabilité de cette importante décision. Il trouvait à cette mesure de graves dangers et se demandait si les inconvénients qu’elle entrainerait ne l’'emporteraient pas sur le profit qu'on pouvait en attendre. « Aussi, écrit-il (1), en mettant dans une balance l'avantage que la ‘politique peut tirer pour la paix de la conservation de Cassel et le tort que lui fera la perte de l’armée, je erois qu'il est difficile de disconvenir que la paix sera plus aisée à faire avec une armée en bon état sans Cassel qu'avec Cassel et une armée détruite. » Castries, qui disait volontiers son mot,
(1) Broglie à Belleisle, Cassel, 18 septembre 1760. Archives de la Guerre.
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adressa également au ministre de la Guerre un rapport dans lequel il soutenait une thèse identique à celle de son chef. La discussion eût pu continuer longtemps sur le même ton, mais un incident nouveau survint sur le théâtre de la guerre et détourna l'attention de la Hesse et de sa capitale.
Dès le 27 août, Westphalen avait préparé, sur les opérations futures, un mémoire où il étudiait les moyens de faire échouer les visées de Broglie sur le Hanovre et d'obliger les Français à évacuer la Hesse : « V. A.S., conseille-t-il (1), ayant ici en tout 99 bataillons et 80 escadrons, ne marcherait sur Fritzlar qu'avec 63 bataillons et 52 escadrons; elle détacherait le prince héréditaire avec 36 bataillons et 28 escadrons pour la Westphalio. » Ce corps se renforcerait des 4 bataillons et 2 escadrons déjà dans cette province et suffirait pour assiéger Wesel, « ce qui pourrait arriver vers le milieu du mois d’octobre ». Comme arguments à l'appui des chances de succès, Westphalen invoquait la faiblesse extrème de la garnison de Wesel, la possibilité d'employer les troupes déjà en Westphalie pour faire, dès à présent, le blocus de la place et pour empècher les secours d'y entrer; enfin, l'avance de huit ou dix jours qu'il serait facile de prendre pour le commencement du :iège. « La réussite, concluait le mémoire, dépendra beaucoup dela combinaison, du secret et de la célérité que tout s'exécutera.» Jusqu'à la dernière décade de septembre, aucune suite ne fut donnée à ce projet.
Vers cette époque, c'est-à-dire au lendemain de la retraite de Wangenheim devant l'offensive de Broglie et de Lusace, les forces rivales étaient distribuées de la façon suivañte : le gros des Francais et la réserve de Du Muy campés autour de Cassel, répartis en groupes à portée les uns des autres, de manière à pouvoir s'entr'aider :
(1) Mémoire de Westphalen, ?7 août 1760. Westphalen, IV, p. 420.
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