‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 114 sur 332 · SOUFFRANCES DU CONTINGENT ANGLAIS · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES DU CONTINGENT ANGLAIS

la première attaque, les tro; brigades de Croÿ échelonnées sur les bords de la Fulda entre Cassel et Munden, les 16.000 hommes du prince Xavier à Friedland, au delà de la Werra, avec une avart-garde à Güttingen; enfin Stainville à Wildungen avec 8 à 9.000 hommes surveillant les communications avec la base. Les confédérés occupaient la ligne de la Dymel depuis Stadtberg jusqu’à Herstall, à l'embouchure de cette rivière dans le Weser; sur la rive droite du fleuve, Wangenheim en face des Saxons. Durant le séjour des deux armées sur la Dymel, les confédérés, et surtout les Anglais, avaient peutêtre plus souffert que les Français; l’intendance britannique, confiée à des mains inexpérimentées ou malhonnêtes, ne dounait que de piètres résultats; en dépit d’une dépense considérable en argent, les corps manquaient souvent des provisions nécessaires; les soldats n'avaient pas de pain, les chevaux étaient obligés de se passer d’'avoine. Les pluintes de l’armée parvinrent à Londres presque en même temps que les traites sur le trésor; Newcastle qui avait à acquitter celles-ci, demanda des explications à Granby et à Peirson. Ce dernier, qui remplissait, bien malgré lui, les fonctions d’intendant général et qui aurait voulu reprendre le commandement de son bataillon des gardes, avoua (1) que, pendant plus de douze jours, les égiments avaient été privés d'avoine et mal se”vis en pain; il attribuait la crise à l'éloignement des fours et aux lenteurs de la vois d'eau. En effet le pays entre la Dymel, l'Eder et la Fulda avait été ravagé de fond en comble et était aevenu un véritable désert n'offrant aux belligérants aucune ressource, ni en paille, ni en foin, ni en céréales et complètement dépourvu de moyens de transport. Si l’on voulait poursuivre la campagne, il devenait indispensable de changer le théâtre des opérations.

(1) Peirson à Newcastle, Geismar, 23 septembre 1760. Newcastle Papers.

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Dans une dépèche à Holdernesse (1), le prince Ferdinand expose à la fois ses embarras et ses projets pour les surmonter. Broglie est maitre de toute la région entre la Fulda et la Werra ainsi que de tout ce qui est au delà de l'Eder. « Il n’y a que trois moyens de l’en faire sortir : 1° de le combattre, 2° de lui couper la communication avec Francfort, et 3° d'attendre l'effet du manque de fourrage. Le premier ne m'a point paru ni praticable, ni avantageux, ni convenable; j'ai tenté le second, sans y réussir à mon gré; le troisième est infaillible, mais d’un effet lent. Je puis ajouter que, si l'ennemi se retire, il ne lè fera qu'après avoir achevé le désert militaire, par quoi il m'empêcherait seul de le suivre, vu qu’on ne peut plus compter de trouver au pays un charriage suffisant pour traverser un pareil désert. Ces considérations jointes à celles que le Bas-Rhin se trouve actuellement très dégarni de troupes m'ont fait concevoir le prejet d'y transférer la guerre. + suppose que M. de Broglie ne voudra ni ne pourra souffrir que je m'empare de Wesel et de Dusseldorf; et que sije fais une démarche pour parvenir à ce but, il en fera une autre pour s’y opposer. Il me semble qu'il n’a d'autre parti à prendre que 1° de revenir brusquement sur le Dymel pour me combattre, afin de profiter de mon affaiblissement, après le détachement fait, pour tenter de pénétrer en Westphalie par les gorges du Dymel; ou 2° dese port:r avec un gros de troupes sur Hanovre afin de m'obliger par une diversion de cette nature à rappeler mon détachement, ou 3° de détacher lui-même vers le Bas-Rhin. Quant au premier parti, je me suis préparé à le recevoir » : Ferdinand compte sur l'épuisement du pays entre la Dymel, la Fulda et l'Eder, et sur l'impossibilité dans laquelle l'ennemi se trouvera d'y subsister pour résister, même

(1) Ferdinand à Holdernesse, Ovelgünne, 27 sept. 1760. Record Office.

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