‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 117 sur 332 · WESEL EN DANGER · texte numérisé non relu

WESEL EN DANGER

12 du mois par Maupeou avec un second échelon de 12 bataillons. En y comprenant les unités en route de France, Castries aura bientôt 55 bataillons, 42 escadrons et quelques troupes légères, soit 32 à 33.000 combattants à mettre en campagne; pour souienir son lieutenant, Broglie s'était affaibli de 36 bataillons, 42 escadrons et 28 canons.

Il faut d'ailleurs reconnaitre que le prince Ferdinand en avait fait autant : il renforca le prince héréditaire de manière à ce qu’il eût, pour le 15 octobre, #9 bataillons et 30 escadrons (1) à sa disposition. A cet effet, les divisions Waldegrave, Howard et Kielmansegge furent successivement dirigées sur la Westphalie. En attendant, les nouvelles de Wesel et de la rive gauche du Rhin étaient bonnes. On avait refoulé les avant-postes français; la garnison de Wesel ne se composait que d’un régiment suisse et de deux bataillons de milice, de 80 canonniers et 120 ouvriers d'artillerie, on avait bon espoir d’une prompte reddition. À la date du 3 octobre, le prince héréditaire (2) n'avait pas connaissance de renforts français : « Nos patrouilles vont jusqu'aux portes de Dusseldorf, sur la rive gauche du Rhin jusqu'à Sousbeck et Yssum. Mais jusqu'ici, l’on ne voit et entend rien des ennemis de ces côtés. De la grande armée, ils n'ont aussi pas détaché. » A la confiance du général confédéré repond l'inquiétude des chefs français; Fischer exprime ses émotions à Belleisle (3) : « Je crains une escalade pour Wesel; la place est très vaste. cependant, il y a encore du bonheur que les ennemis ne se soient point jetés sur Cologne ou Dusseldorf, car ils

(1) Manners, Life of the marquis of Granby, Londres, 1899.

(2) Prince héréditaire à Holdernesse, Camp devant Wesel, 3 octobre 1760, Record Office.

(3) Fischer à Belleisle, sur le chemin d'Urdingen, 5 octobre 1760. Archives de la Guerre,

auraient pris les deux places d'emblée... Il est parti un détachement des ennemis sur la Meuse, ce qui me fait craindre pour Ruremonde. »

Les premiers détachements de l’armée de Broglie n’entrèrent à Cologne que le 8 octobre. Castries mande (1) que la division d’Auvet était arrivée harassée, sans avoir fait séjour depuis le départ de Cassel; il va réunir des chariots pour charger les havresacs de l'infanterie, et il ne perdra pas un moment pour marcher, aussitôt les troupes rassemblées. Le 18 (2), il espère avoir dans 5 jours 24 bataillons et 36 escadrons en ligne sur l’Erfft, mais il prévoit le passage du Rhin par le prince héréditaire : « Les ennemis retranchent le poste de Burick, mais s'ils veulent continuer leur siège, il faudra qu’ils se portent en avant et qu’ils me préviennent à Rheinberg ou sur les bruyères d’Alpen. Dans ce cas, selon la position de leur camp, je manœuvrerai pour les déposter..….. Ils doivent tout risquer pour continuer ce siège et. ils ne le peuvent qu'autant qu'ils m'ôteront les moyens d’y jeter du secours. » En effet la relève de Wesel était la grande préoccupation; chaque dépèche de Broglie, et elles étaient pour ainsi dire quotidiennes, insistait sur l'urgence d'y porter aide. Castries, qui avait transféré son quartier général à Dusseldorf, s'était décidé (3) « à marcher en force par la rive gauche », il essaierait de gagner Rheinberg et d'exécuter « l’embarquement projeté pour descendre le Rhin pendant la nuit, » ou il fera « passer ce fleuve aux troupes pour les faire entrer dans Wesel par la redoute de la Lippe ». Le gouverneur, Castella, venait de faire parvenir à ses collègues français quelques mots (4) tracés sur un bouton décrivant les progrès du siège et réclamant un prompt secours.

1) Castries à Belleisle, Cologne, 8 octobre 1760. Archives de la Guerre.

2) Castries à Broglie, Cologne, 8 octobre 1760. Archives de la Guerre. 3) Castries à Broglie, Dusseldorf, 10 octobre 1760. Archives de la Guerre. 4) Castella à Beausobre, Wesel, 11 octobre 1760. Archives de la Guerre.

Page 1