CASTRIES A RHEINBERG
Enfin, le 13 octobre, une concentration partielle s'effectue : « J'ai réuni, mande Castries (1), mes divisions à Neuss afin de gagner du terrain et pouvoir diriger les troupes qui viennent de France sur ce point; vous m'avez paru désirer que nous commencions le 12 à faire un mouvement en avant; les troupes étant rassemblées aujourd'hui 13, à 8 lieues de Cologne, j'ai à peu près rempli votre attente... Par l'état actuel des combattants que j'ai ici, les 31 bataillons de l'infanterie vont à 15 mille # ou 500 combattants et la cavalerie, la gendarmerie, les dragons à environ 3.500, ce qui fait en tout 19.000 hommes. Vous savez, Monseigneur, que tous les régiments de cavalerie que vous avez envoyés ici sont les plus délabrés ou ceux à qui il manque des compagnies morveuses, ce qui fait que la plupart ne pourront former qu’un escadron. » L’artillerie était encore en arrière.
Sans attendre la division Maupeou et les derniers régiments en route de France, Castries continua sa marche; il était précédé d’une avant-garde commandée par Chabo et formée de 5 bataillons, de deux régiments de dragons
et du corps de Fischer. Cette avant-garde arriva, le 1# à
l'entrée de la nuit, aux environs de Rheïinberg qui était occupé par un millier de’confédérés. Quoique le poste fût très défendable, les Fischer en débusquèrent l’ennemi, qui, à la suite d'une action assez vive, se retira avec une perte d’une centaine d'hommes.
«Il était 5 heures du soir, rapporte Castries (2), lorsque nous entrèmes dans Rheinberg, la nuit commençait alors, et les troupes harassées ne me permirent pas à penser à autre chose qu'à les laisser reposer. J’appris en mème temps que l’armée pourrait tout au plus arriver à Mœurs, qu'un coup de vent avait brisé une partie des bateaux qui
(1) Castries à Broglie, Neuss, 13 octobre 1760, Archives de la Guerre, (2) Castries à Belleisle, Wesel, 20 octobre 1760, Archives de la Guerre. GUERRE DE SEPT ANS, = T, IV. 17