‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 332 · PRISE DE GLATZ · texte numérisé non relu

PRISE DE GLATZ

paresse, soit maladie —il était hydropique au dernier degré — il ne sut pas imprimer à ses subordonnés l’activité, l’énergie, le courage indispensables pour une issue heureuse.

Laudon, quoiqu'il re fût pas responsable du siège, voulut voir, par lui-même, ce qui se passait devant Glatz; il arriva le 25 juiilet et, le lendemain de bonne heure, alla visiter (1) les tranchées avec le général Draskowich. Les batteries des Autrichiens avaicat ouvert le matin même contre les bastions de là ville et contre le front ouest de l’ancienne forteresse. Le colonel Rouvray, qui commandait l'artillerie, cherchait à faire brèche dans le bastion Schellenbauer, le plus voisin de la ville, et dans la courtine qui lui fait suite, au nord. Le tir fut des pius efficaces : un magasin à poudre seuta dans le Schellenbauer ; les communications, balayées par l'explosion des bombes de l’assiégeart, devinrent intenables; presque partout, les canons prussiens furent réduits au silence; seul, le ravelin du Feldthor continuait le feu. Laudon s’apercevant du trouble de l’assiégé, lança 300 volontaires à l'assaut de la redoute de Kranich. Ils y pénétrèrent vers 8 heures, malgré une vive résistance des quelques pelotons prussiens qui y étaient postés. IL y eut des retours offensifs, mais finalement les bataillons autrichiens envoyés successivement des tranchées eurent le dessus; ils suivirent le chemin couvert qui relie la redoute à l'ancienne forteresse, longèrent les bastions du nord, se glissèrent jusqu'à la porte du Feldthor, et pénétrèrent dans l’intérieur des ouvrages. « Alors la déroute devint générale, relate (2) l'attaché français Montrozard, l'ennemi a abondonné chemin couvert, enveloppe, demi-lunes, caps de place et retranchement derrière, et la désertion a commencé par

(1) Le récit de la surprise de Glatz est emprunté à Wachter, Acten Ces Kriegsgerichts von 1763. Janko, Cogniazzo, etc.

(2) Montrozard à Belleisle, Glatz, 2 juillet au soir. Archives de la Guerre,

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troupes. Les Impériaux ont gagné les communications, et nous sommes entrés pèle-mêle avec les fuyards dans la place. »

Entre temps, d'O, qui se tenait dans la ville, aussitôt prévenu du désarroi qui régnait dans la forteresse et de la désertion qui faisait des progrès alarmants, y expédia, pour rétablir les affaires, deux compagnies du régiment de Quadt; ce renfort était tout à fait insuffisant. Force fut au gouverneur de l’appuyer de toute sa réserve ; mais à peine eut-il débouché du Dom Thor, qu'ii rencontra une foule de fuyards qui criaient que l'ennemi était maitre | du chemisi couvert et de l'enceinte extérieure ; il voulut se rendre au réduit, mais ses jambes enflées ne lui permirent pas de suivre ses troupes qui avaient pris les devants, et il finit par tomber entre les mains des Autrichiens, avec le colonel du génie de Wrede, un vétéran de 40 ans de "7% service et quelques soldats. Le commandant de la réserve, le major V. Unruh, après un effort énergique contre les assaillants, eut le même sort; enfin, le colonel de Quadt fit battre la chamade et déposer les armes à ce qui restait de la garnison. Pendant ces incidents, les Autrichiens avaient profité de la confusion pour se faufiler dans la ville ; qu'ils occupèrent sans difficulté : enfin, vers 11 heures, #4 le nouveau fort, dont les ouvrages tournés vers la cam- à pagne n'étaient pas protégés du côté de la Neisse. onvrit ses portes à l'assiégeant. C’est ainsi que la place renommée de Glatz fut enlevée sans assaut régulier et en quelques heures grâce à un coup de main de Laudon. L’assertion de Frédéric 1), que les Autrichiens s’en étaient emparés « sans savoir comment », ne s'éloigne guère de la vérité,

Ce fait d'armes, qui ne coûta au vainqueur que 214 officiers et soldats, lui valut plus de 2.500 prisonuiers, des

(1) Guerre de Sept ans, vol. II, page 54.

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