‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 13 sur 332 · LAUDON ATTAQUE BRESLAU · texte numérisé non relu

LAUDON ATTAQUE BRESLAU

drapeaux, 203 canons et mortiers, des munitions en quantité considérable et de gros approvisionnements. Il fait honneur à l'initiative et au coup d'œil de Laudon qui, présent dans la tranchée, prit la direction; non sans raison, la rouvelle gloire qu’il y acquit rehaussa le prestige et la faveur dont il jouissait à la cour. Kaunitz recut de son ami et protégé le premier avis de la prise de Glatz; il expédia aussitôt le billet à l'Impératrice en la suppliant de le renvoyer à sa commodité, « pour que j'aie le plaisir de le relire ». A cette prière, il ajouta ces mots : « Dieu lui conserve son Josué! » Marie-Thérèse répondit : « C'est le plus grand souhait que vous pouvez me faire. Je vous suis obligée que vous m'ayez fait partager si vite votre joie. » Quant au vaincu, le gouverneur d’O, que ses infirmités auraient dû faire mettre à la retraite, si l’accusation de trahison dont il fut l'objet ne paraît pas fondée, sa négligence etson indécision contribuèrent beaucoup au succès de la surprise. Après la conclusion de la paix, il passa en conseil de guerre, fut condamné à mort, mais vit sa peine commuée par le Roi; il mourut en Italie où il s'était retiré.

Deux jours après la conquête de Glez, Laudon fit marcher sur Breslaula moitié du corps d'investissement, sous ll général Draskovich ; de sa personne, il regagna son camp d'Eichholtz et avec les troupes qui y étaient restées, se dirigea sur la capitale de la Silésie. Durant le mois de juillet, un échange de lettres avait eu lieu avec le quarticr général russe; le maréchal Soltikoff, aux félicitations sur la victoire de Landshut, avait joint la nouvelle de sa présence à Posen et de son intention d’entrer en Silésie. Quelques jours plus tard, il annoncait pour le 6 août son arrivée probable scus les murs de Breslau. Laudon, quand il reçut cette dépèche, avait déjà pris les devants; conformément à l'invitation de l’empereur, peu soucieux de voir les Russes installés dans la capitale de la Silésie, il s'était décidé à en brusquer l'attaque sans les attendre. La gar-

nison prussienne, forte de 6.000 hommes, en partie convalescents, était insuffisante pour garnir des fortifications étendues; en outre, elle avait à surveiller un nombre égal de prisonniers autrichiens renfermés dans les murs. Ne serait-il pas possible d'arracher au commandant une capitulation qui éviterait à la population civile leshorreurs d'un bombardement, et la perspective non moins redoutab:e d’une occupation russe? Le colonel Rouvroy, chargé d’une mission à cet effet, ne put rien obtenir du général Tauentzien, vétéran à caractère énergique. En vain, dans une seconde tentative, l’envoyé de Laudon essaya-t-il les menaces, traita-t-il Breslau de ville ouverte, dont la résistance injustifiable lui attirerait tous les malheurs qui accompagnent la défaite; le brave Prussien répondit que son naître lui avait confié la garde d'une place forte et qu'il remplirait son devoir en la défendant jusqu’au bout. Laudon, dont les pièces de siège étaient encore loin, commença le bombardement avec son artillerie de campagne; bientôt le palais du Roi, des casernes, des couvents et le quartier de Neumarkt furent en flammes; mais, faute de munitions, il fallut suspendre le feu des batteries. Le lendemain, nouvelle démarche auprès de Tauentzien ; on lui donnait le choix entre un arrangement dont il rédigerait lui-même les articles et le risque d’un assaut sans conditions ni merci. Le gouverneur demeura ferme. Quoi qu’en dit l’émissaire autrichien, l'escalade d'une ville munie d’une enceinte régulière avec ouvrages extérieurs et fossés pleins d’eau n’était guère praticable ; pour s'emparer de Breslau, il faudrait avoir recours à un siège méthodique, pour lequel le temps nécessaire faisait défaut. Les Russes, malgré leurs promesses et les messages répétés de Laudon, s'étaient laissé devancer par le prince Henri. Ce dernier accourait à marches forcées au secours de Breslau qu’il atteignit dans la matinée du 6 août. Laudon n'avait pas attendu son entrée en scène ;

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