SIÈGE DE WESEL
le câble n'était pas, heureusement, assez tendu pour ôter à nos barques la liberté de passer. » Les assiégeants tirèrent sur les Français quelques coups de canon et de fusil qui ne Jeur firent pas grand mal et Boisclaireau et son détachement parvinrent à bon port, à la grande joie de de la garnison de Wesel et sans autre perte qu'un lieutenant noyé en débarquant,
Empruntons au récit de Castries l'emploi des dernières heures de la journée du 15 octobre : « Cette disposition (l'embarquement) arrêtée, je fus au-devant de l'armée pour déterminer son camp, il était trop tard pour lui faire passer le canal, et ne le passant pas, je fus forcé de la reculer hors de la portée du canon que les ennemis pouvaient établir de leur côté avec avantage. L'armée campa donc, à un quart de lieue de Camps, à cheval sur le chemin qui conduit de cette abbaye à Neuss, je prévins Fischer que dans le cas où il serait attaqué et forcé pendant la nuit, il serait reçu par un bataillon de grenadiers qui aurait l’ordre de se porter au premier coup de fusil à la tête des haies pour protéger sa retraite ; J'ordonnai aussi de construire des ponts sur le eanal, et à l'officier général de jour d’en faire protéger les travaux par les gardes qu'il y placerait. Après cette disposition, je fus obligé de retourner à Rheinberg pour ordonner l'embarquement et je ne pus revenir qu'à la nuit fermée au quartier qui m'avait été marqué derrière la ligne, je sus en arrivant que l'on avait trouvé le bord du canal trop éloigné pour y placer les gardes, qu'on les avait placées en arrière, et, quoique cela füt essentiel, je crus qu'il était trop tard pour les y reporter. »
Que s’était-il passé chez les confédérés pendant la première quinzaine d'octobre? Nous avons laissé le prince héréditaire occupé à l’investissement de Wesel et attendant a ec impatience son parc d'artillerie pour en commencer le siège. IL est toujours plein de confiance dans l'issue de
son entreprise : « M. de Broglie, écrit-il à Holdernesse (1), d'après nos dernières nouvelles, envoiera tout au plus 20.000 hommes contre nous afin de nous faire abandonner la partie, mais S. A. le Prince Ferdinand me renforce à proportion, m'ayant envoyé le lieutenantgénéral Waldegrave avec 8 bataillons et 6 escadrons qui se trouvent aujourd'hui déjà à Dorsten, et j'attends encore avec 6 autres bataillons le général Howard de sorte que je ne crains ri1n de ces côtés; du moins ai-je l'honneur de vous assurer que si l'ennemi vient, que nous ferons de notre mieux. Pour ce qui est des troupes qui pourraient venir par le Brabant et dont 12 bataillons se trouvent déjà à ce qu’on m'assure, près de Liège, l’on prétend que le reste à fait une halte; et qu’on balance à le faire marcher craignant pour les côtés de la Flandre. I] serait admirable de les entretenir dans cette idée, du moins jusqu'à la fin de ce mois. » Trois jours après (2), il annonce l'ouverture de la tranchée qui s’est effectuée si heureusement dans la nuit du 10 octobre, « qu'on fit 3.000 toises d'ouvrage sans que M. de Castella s’en apercût; nous travaillons actuellement à l'emplacement de nos batteries; notre première parallèle a des endroits qui ne sont qu’à 100 toises du glacis.. Une sortie de la garnison a été repoussée; Waldegrave est arrivé, et Howard rejoindra dans deux jours; toute notre artillerie de siège est arrivée cette nuit ». Toutefois, le prince s'était rendu compte que, pour s'emparer de Wesel, il était indispensable d'être maitre de la rive gauche du Rhin, aussi s’était-il attaché à se procurer les moyens de franchir le fleuve. Dans un rapport détaillé au prince Ferdinand (3), il fait le récit des opérations qui précédèrent la bataille du 16 : « Mon pont sur le Rhin ne fut achevé que le 13 et quoique mal
(1) Prince à Holdernesse, devant Wesel, 10 octobre 1760. Record Oflice, (2) Prince à Holdernesse, devant Wesel, 13 octobre 1760. Record Office. (3) Prince héréditaire à Ferdinand, Brunen, 19 octobre. Record Office.