‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 123 sur 332 · BATAILLE DE CLOSTERCAMP · texte numérisé non relu

BATAILLE DE CLOSTERCAMP

sa vie pour prévenir ses camarades d'Auvergne du proche voisinage des Hanovriens. La résistance opiniâtre des grenadiers et chasseurs d'Auvergne arrêta l'élan des confédérés et donna le temps au reste du régiment d’accourir.

Castries était encore dans son logement, au village de Rosenradt, quand il fut averti par l'officier d'état-major Saint-Ssuveur que le canon commençait à se faire entendre aux abords du canal; il monta aussitôt à cheval et se porta sur la ligne de feu: il y rencontra Rochambeau, colonel du régiment d'Auvergne. Sur les ordres du gé néral en chef, les 4 bataillons d'Auvergne furent posté:, la gauche à un marais qui touchait à la bruyère de Camp, la droite au chemin de Meurs. La brigade d'Alsace vint s'appuyer à la droite d'Auvergne et celle de la Tour du Pin, encore plus à droite, fut chargée de pousser une attaque de flanc contre les colonnes ennemies; les 6 bataillons de la brigade de Normandie demeurèrent provisoirement en réserve, derrière les combattants. Il était alors # heures du matin et l'obscurité presque complète.

Dans une lettre intime à Belleisle, ie général français raconte les péripéties de l'affaire : « Les deux premières brigades (Auvergne et Alsace) ne furent pas plutôt placées qu'elles furent attaquées avec furie par les ennemis, leurs efforts se dirigeaient sur le chemin de Meurs pour parvenir à tourner le flanc gauche de ma ligne; leurs attaques se succédèrent avec tant de vivacité qu'Alsace souffrit au point que son front, en se resserrant, se trouva si diminué qu'il se forma un vide entre cette brigade et celle d'Auvergne, qu'il était très pressant de fermer, j'y portais les deux bataillons de Briqueville. Mon front, malgré son feu, était pressé par celui des ennemis et je ne m'apercevais pas du soulagement que l'attiane de la brigade de la Tour du Pin devait me procur:r. Je vouius

266 LA GUERRE DE SEPT ANS. — CHAP. v.

deux fois m'y porter pour la faire charger, mais deux fois je fus ramené à la gauche par les efforts que les ennemis y faisaient. Cette gauche était le point principal de ma position, et je devais tout y sacrifier pour m'y maintenir avant de penser à attaquer celle de l’ennemi. J'appris alors que M. de la Tour du Pin blessé, sa brigade était restée dans la position où il l'avait laissée sans déboucher; son inaction permit donc aux ennemis de réunir toutes leurs attaques vers le chemin de Meurs, la gauche de la brigade d'Alsace le défendait et s’y soutenait, quoique presque entièrement détruite. Il fallut la faire soutenir et remplir le vide que sa perte avait occasionné pour la seconde fois, je me trouvai donc forcé à employer les k bataillons de Normandie sur les troupes qui me re tassent en réserve. »

La situation devenait critique : les grenadiers et chasseurs d'Auvergne qui avaient essuyé le premier choc, « ayant tous leurs officiers tués ou blessés €, réduits à 10 hommes par troupe », avaient abandonné le village de Campesbroeck; il avait été repris par leurs camarades du régiment dont les unités se logèrent derrière les haies, dans les vergers et dans les maisons. Alsace engagé depuis longtemps, et Normandie qui venait d'entrer en ligne prolongeaient la défense dans la direction du canal. Tout en perdant beaucoup de monae, les régiments anglais, qui constituaient le principal élément de l’armée confédérée, avaient gagné du terrain. Castries, dont le sang-froid fut admirable, prit des dispositions pour le renvoi des équipages et de l'hôpital, et appela à lui Chabo avee la brigade de Rouersue. Il y eut de part et d'autre une série d'engagements avec des succès alternatifs ; les fermes, les haies, les fossés furent enlevés, perdus, puis reconquis par les combattants. Normandie, dont les soldats, nouveaux venus de France, exposés au feu pour la première fois, commencalent à plier, fut ramené par Cas‘ri:s, d'Auvet et

Page 1