PÉRIPÉTIES DU COMBAT
son colonel Perusse. Le lieutenant-colonel Bienassis, à la tète du 1°’ bataillon, s'empara d’une maison d’où il expulsa un détachement anglais qu'il repoussa jusqu’à la lisière de la bruyère. Encouragé par ce petit avantage, et voyant que le tir de l'adversaire paraissait mollir, Castries ordonna aux défenseurs de Campesbroeck de faire un dernier effort pour chasser l'assaillant de la partie des haies et des vergers dont il était encore maitre, et conduisit en personne un bataillon de la Tour du Pin contre le flanc des colonnes anglaises. Ce mouvement, secondé par un retour offensif de ce qui restait des bataillons d'Auvergne, conduits par Besenval, fit reculer les Anglais... « Le, première attaque réussit, écrit le prince héréditaire; nous chassâmes l’ennemi d’un enclos à l’autre, mais comme malheureusement le soldat se débande à la poursuite et ne résiste guère aux forces nouvelles qu'on lui oppose, j'eus le chagrin de voir que tout mon monde fut rechassé; les Anglais ont plié les premiers et n'ont nullement fait comme je devais m'y attendre. » La lutte pour la possession des bois et des maisons de Campesbroeck avait duréau moins trois heures et le jour s'était levé.
A la vue des confédérés qui se retiraient en désordre dans la bruyère, le gros du régiment de Normandie et plusieurs fractions de ses voisins d'Alsace et d'Auvergne se précipitèrent à leur suite, malgré les cris des généraux, et sans reconstituer les formations que la lutte derrière les haies avait désorganisées. Mal leur en prit; le général Elliot lança sur cette masse confuse quelques escadrons que l’obscurité et la nature du terrain avaient retenus
jusqu'alors inactifs. Les fantassins français furent vive-
ment refoulés jusqu'au cordor: ‘es haïes, perdirent du monde et laissèrent aux mains des cavaliers anglais un drapeau et deux canons appartenant à Normandie; le colonel du régiment, le marquis de Perusse, fut renversé ot blessé; il ae dut son salut qu'à la bravoure de irois de
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ses hommes qui l'arrachèrent à l'ennemi. Fort heureusement un bataillon de Briqueville, qui avait conservé sa position, arrêta cette charge par son feu soutenu; quelques pelotons qui avaient percé la ligne des haies furent sabrés par trois escadrons de Royal Piedmont et de Balincourt que le comte de Thiard jeta sur eux avec beaucoup d’à propos. Les Anglais abandonnèrent au vainqueur quelques prisonniers et un étendard.
Quoiqu’elle eût été, en définitive, repoussée, la charge d'Elliot, en donnant un répit à l’armée confédérée, la sauva d’une déroute complète. La seconde retraite à travers la bruyère s'était enectué: dans un grand désarroi qu'augmentait le tir d’une batterie de # pièces avantageusement placées par M. de Lugeac. Les rangs anglais étaient confondus; beaucoup d'officiers avaient été tués ou blessés; le prince héréditaire, qui se prodiguait avec son intrépidité habituelle, en essayant de rallier les fuyards avait eu son £heval tué sous lui et avait recu une contusion qui gênait sa marche. Ce fut grâce à l’aide de Lord Lennox qu'il put se trainer hors du bois et regagner le bord du canal dont il organisa de son mieux le passage.
Les Français avaient trop souffert pour songe: à poursuivre, et les soldats du prince rentrèrent dans leur camp de Burick sans être molestés autrement que par quelques coups de canon et une démonstration de la division de Chabo. Ce général, appelé, comme on l’a vu, à renforcer le gros, n'avait laissé à Rheinberg que 200 hommes du corps de Fischer et avait marché dans la direction de Campesbroeck; en route, rassuré sur l'issue de l'action principale et ému de la fusillade qui semblait s'engager du : de Rheimberg, il revint sur ses pas, téprit son poste sous les remparts de la ville, et lança quelque cavalerie à la poursuite de Bock qui, après une démonstration vaine, se voyait obligé de suivre la re-
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