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BROGLIE RÉCLAME L'APPUI D'HADICK

campagne d'hiver et ne songerais qu'à mettre l'armée en quartiers d'hiver et à la faire reposer des fatigues indicibles qu'elle a essuyées, par La saison et par le manque de toutes subsistances, La navigation du Weser est depuis 15 jours tout à fait interrompue par la crue prodigieuse des eaux; et la pluie a tellement rompu les chemins que les transports de terre n'arrivent non plus. » Le blocus de Côttingen avait duré vingt et un jours; pendant ce laps de temps, la garnison, sous l'impulsion du gouverneur de Vault et de son adjoint, le brigadier Belsunce, avait été employée sans relâche à l'achèvement des fortifications et avait fait six sorties, toutes couronnées de succès.

Aussitôt les communications rouvertes avec Güttingen, Broglie se préoccupa de compléter les approvisionnements, afin de pouvoir soutenir un siège de plusieurs mois. On y affecta (1) nc: seulement les chevaux de la cavalerie, mais aussi ceux de l'état-major, de l’intendance, et des équipages des officiers généraux. L'opération, protégée par un cordon de patrouilles fut vivement menée et réussit à souhait.

Les craintes d’une diversion prussienne avaient été ravivées par le mouvement du prince Ferdinand contre Gôttingen; les informations sur l'état de l'armée des Cercles étaient peu rassurantes, aussi le généralissime s’adressa-t-il(2) au comte de Choiseul, ambassadeur de France à Vienne, à l'effet de faire renforcer le général autrichien Hadick qui avait remplacé le duc de Deux-Ponts à la tête des Impériaux. Pour couvrir son flanc droit contre un corps prussien, il ne peut compter que sur l’armée des Cercles qui est cantonnée à Hoff; mais d’après les dires de ses correspondants, elle serait réduite à 6 ou 7.000 combattants; « elle n'existe plus depuis qu’on lui a retiré les

(1) Broglie à Choiseul, Cassel, 14 janvier 1761. Archives de la Guerre. (2) Broglie au comte de Choiseul, 3 décembre 1760. Archives de la Guerre.

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troupes impériales qui lui donnaient quelque consistance »; l'artillerie de ce corps est rentrée dans ses quartiers d'hiver, et quant aux Wurtembergeois, « 3.000 Prussiens les feront fuir ». La requête, appuyée par l’ambassadeur, fut accueillie favorablement, et une division de 12 bataillons (1) sous les ordres du général Guasco partit de Dresde pour Egra où elle fut mise à la disposition de Hadick. Du reste, on ne croyait ni à Vienne, ni à Dresde (2) que le roi de Prusse eût assez de monde pour faire un détachement important contre les Français. En attendant, et malgré ces avis encourageants, l'occupation de Güttingen pendant l'hiver restait encore une question ouverte; la cour avait laissé au maréchal liberté entière à cet égard; il y eut même, à la demande des autorités municipales et universitaires, une négociation (3) visant la neutralisation de la ville et de ses environs ; elle échoua, il est vrai, par suite des exigences des Allemands qui ne voulaient accepter que l'abandon pur et simple. Les termes du problème furent posés par une des dernières dépêches (4) qu'écrivit Belleisle avant sa maladie et sa mort, et dans laquelle il formulait les volontés du Roi : conservation de Güttingen s’il était possible d’approvisionner la place jusqu’au 1° juillet; si le ravitaillement ne pouvait s'effectuer, pourparlers pour la neutralité; enfin, évacuation si cette dernière proposition était repoussée. Quant à Cassel, aucun doute sur la nécessité de fortifier cette ville et d'y hiverner. La réussite du ravitaillement trancha le débat en faveur du maintien définitif de Güttingen.

Rassuré sur les intentions de l'adversaire, Broglie crut

(1) Montrozard à Broglie, Dresde, 16 décembre 1760. Archives de la Guerre. (2) O0'Donnel à Broglie, Dresde, 12 décembre 1760. Archives de la Guerre. (3) Correspondance entre La Salle et Malortie, décembre 1760. Archives de la Guerre.

(4) Belleisle à Broglie, 2 janvier 1761. Archives de la Guerre.

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