‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 135 sur 332 · CAMPAGNE D'HIVER DE FERDINAND · texte numérisé non relu

CAMPAGNE D'HIVER DE FERDINAND

20 bataillons et 22 escadrons aux ordres du prince héréditaire, arrivent à Brillon et à Stadbergen; le même jour, 9 de février, le gros de l'armée consistant en 50 bataillons et 38 escadrons, sera assemblé sur la Dymel, où je me trouverai en personne, et M. de Spürcken, général d'infanterie, assemblera encore le même jour, 9 de février, 17 bataillons, 20 escadrons, 24 pièces de gros canon, un régiment de hussards et deux brigades de chasseurs aux environs de Duderstadt, entre cette ville et Mulhausen. » Le débouché général se ferait le 11 : Breitenbach avec 7 bataillons, 10 escadrons, un parc de siège et des troupes légères, marcherait sur Marburg et chercherait à se rendre maitre du château; le prince héréditaire, renforcé de manière à avoir sous son commandement 20 bataillons et 24 escadrons, attaquerait les quartiers français le long de l’Eder. Ferdinand, avec 43 bataillons, et 26 escadrons, se porterait par Wolfhagen sur Cassel et agirait selon les circonstances; si l'ennemi reculait en laissant une garnison dans la ville, un parc d'artillerie réuni sur la Dymel était tout prêt pour le siège. Enfin, Spürcken était chargé de chasser les Saxons et le corps de Stainville de Mulhausen, Langensaltza et Eisenach; ensuite, il devait passer la Werra du côté de Vacha et s'emparer du grand magasin français de Hirschfeld. Ferdinand terminait son exposé en se plaignant de la faiblesse de ses bataillons, dont quelques-uns n'avaient que cent combattants, et dont les plus étoffés ne dépassaient pas cinq cents présents sous les drapeaux : « V. M. jugera par là combien je dois souhaiter qu’il lui fût possible de renforcer ie colonel de Lülhôüffel (1) par quelques bataillons et par quelques escadrons et de lui ordonne

de se joindre le 12 février près de Langensalza à M. de Spürcken ou d'agir du moins de concert avec lui, en

(1) Commandant d'un détachement prussien opérant en Thuringe. GUERRE DE SEPT ANS. — T. IV. 19

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tombant sur le corps du comte de Stainville à Gotha. »

Jusqu'alors le roi de Prusse s'était montré peu disposé à satisfaire aux demandes de concours que Ferdinand ne cessait de lui adresser depuis la victoire de Torgau; cette fois, il s’exécuta très libéralement en adjoignant aux 5 bataillons de Lülhôffel, les 15 à 20 escadrons du général de Syburg. Toutefois, d’après Les instructions (1) données à son adjudant d’Anhalt, chargé de surveiller l'opération, les troupes prussiennes ne devaient pas dépasser Eisenach.

Comme on le voit, le concept de Ferdinand consistait à attaquer, détruire ou refouler les deux ailes de l’armée française et à forcer ainsi Broglie à abandonner Cassel et Güttingen à leurs propres ressources. Le secret fut admirablement gardé; quelques heures avant la date fixée par Ferdinand pour la reprise des hostilités, le 8 février, le comte de Lusace avait quitté La réserve de droite dont il avait la direction pour se rendre à Versailles ; du reste ce fut seulement le 10 au matin que Broglie eut connaissance (2) du rassemblement opéré à Duderstadt l’avant-veille et de la marche de 16.000 confédérés avec 30 canons sur Stadt Warbis et Mulhausen. Peu de temps après, il eut avis de l'approche de troupes ennemies venues d2 la Westphalie et de la concentration qui se faisait sur la Dymel. Broglie lança (3) aussitôt ses ordres : Du Muy fut invité à appuyer Maupeou qui avait mission d'éclairer en avant de la Sieg et Torcy à envoyer 1.000 hommes pour remplacer Maupeou à Siegburg; Rougé, qui commandait les troupes de communication, dut réunir son monde à Marburg et renforcer la garnison de Giessen. « IL faut opposer la résistance la plus grande,

(1) Frédéric à Anhalt, Leipzig, ? février 1761. Corresp. Polil., XX, 209. (2) Saint-Pern à Broglie, Eschwege, 10 février 1761. Archives de la Guerre. (3) Broglie à Muy, Torcy, Rougé et Saint-Pern, Cassel, 11 février 1761.

Archives de la Guerre.

re.

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