‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 136 sur 332 · CONFIANCE DE BROGLIE · texte numérisé non relu

CONFIANCE DE BROGLIE

lui écrit le généralissime, et en gagnant du temps, nous gagnerons tout. » Enfin, à Saint-Pern qui était à Eschwege, sur la Werra, Broglie indiqua comme ligne de retraite, en cas de nécessité, la direction d’Eisenach et de Gotha. C'était autoriser l'évacuation de Mulhausen et du pays qu’on venait d'occuper le mois précédent. Les journées des 11 et 12 se passèrent de ce côté sans incident notable; il n’y eut que des escarmouches et des canonnades assez inoffensives. Broglie se plaint (1) d'être mal renseigné par Saint-Pern. « Vous verrez qu’il ne me mandes point ce qu'il a fait pour abandonner ou protéger Mulhausen; si c’est le corp: de M. de Solms qu'il destine à retirer ou soutenir ce poste ; où est ce corps et celui de M. de Stainville, et s'il a des nouvelles des mouvements des Prussiens. J'aurais beaucoup désiré d’avoir des détails sur tous ces objets qui sont fort intéressants, surtout sur les Prussiens dont on assure que 20.000 étaient déjà le 11 arrivés jusqu'à Sachsenbourg et Buttelstatt avec beaucoup d'artillerie. La marche en avant qu'a fait aujourd’hui M. de Sporcke me fait conjecturer que le proj:t des ennemis est sérieux, qu'il est combiné par la droite et par la gauche, et qu'ils seront joints par des Prussiens. »

En effet la situation se corsait d'heure en heure : Le 12 février, Broglie, alors qu'il relate (2) À Choiseul les précautions prises, est presque rassuré sur les conséquences de l'offensive des confédérés. Il ne croit pas que l'ennemi « puisse faire d'autre chose qu'une course; rien ne sera surpris; tous les postes sont avertis et j'en ai nouvelle. Il y a des subsistances en pain et en fourrages dans tous les endroits où on peut avoir besoin de rassembler les troupes. IL n'en est pas de même des ennemis, qui devront les tirer de loin, il est vrai que la

(1) Broglie à Choiseul, Cassel, 13 février 1761. Archives de la Guerre, (2) Broglie à Choiscul, Cassel, 12 février 1761. Archives de la Guerre.

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gelée qui est très forte les avorise, mais le temps peut changer, et comme il fait très froidleurs troupes ne peuvent manquer de souffrir beaucoup ». Le lendemain, le ton optimiste a disparu (1); on avait reçu des détails alarmants sur les progrès de l'ennemi. Le 9 février, le prince Ferdinand avait transporté son quartier général à Geismar: le 11, les confédérés débouchaient en quatre colonnes; le 12, le gros était à Zierenberg ; Granby, avec l'avant-garde, avait occupé Weissenstein, position avantageuse dans la banlieue de Cassel, sans rencontrer, à sa surprise (2), aucune opposition. Le même jour, le prince héréditaire avait essayé de s'emparer de la ville de Fritzlar, mais avait échoué devant la résistance vigouveuse du comte de Narbonne. Les Hanovriens, au nombre de 6.000, avaient paru vers 3 heures de l'après-midi; ils avaient aussitôt engagé le combat qui avait duré jusqu’à 5 heures; le prince s'était alors avancé et avait p entamé avec le commandant français des pourparlers que celui-ci avait été obligé de rompre en priant S. A. S. de se retirer, puis en la menaçant de faire tirer sur elle; la fusillade avait alors repris; en fin de compte, les assaillants étaient partis en laissant sur place plus y de 150 morts et 2 pièces de canon. Le 13 février, Breitenbach, avec sa division de 7 bataillons et 10 escadrons, après avoir enlevé un petit magasin à Rosenthal, poussa jusqu'à Marburg (3) dans l'espoir de se rendre maitre de la ville. 11 se heurta à l’énergique défense des régiments écossais et irlandais au service de la France, commandés par le brigadier lord Drummond; l'attaque fut mal conduite, Breitenbach tué, et sa division battit en retraite abandonnant 3 canons derrière elle.

Les échecs du prince héréditaire et de Breitenbach

(1) Broglie à Choiseul, Cassel, 13 février 1761. Archives de la Guerre. (2) Granby à Newcastle, 16 février 1761. Newcastle Papers. (3) Rougé à Broglie, 14 février 1761. Archives de la Guerre.

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