‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 142 sur 332 · ÉVACUATION DE HIRSCHFELD · texte numérisé non relu

ÉVACUATION DE HIRSCHFELD

avec l’avant-garde de Maupeou. Ce dernier, en exécution de ses instructions, s'était porté de Siegen vers Corbach avec l'intention d'agir sur le flanc et les derrières des confédérés ; désireux de reconnaître l'ennemi, il prit les devants avec #00 hommes, dont une centaine de hussards, et engagea maladroitement, près de Sachsenberg, une affaire dans laquelle il fut fait prisonnier avec trois de ses officiers et une cinquantaine de soldats. A ‘a suite de cet incident, la division de Maupeou, privée de son chef, recula jusqu’à Hallenberg, tandis qu'Oheim, laissant quelques troupes légères à Corbach, vint avec son détachement participer au siège de Marburg. Le 19 au soir, le gros de l’armée hanovrienne avait atteint Schwarzenborn et le prince héréditaire était campé à une lieue de Hirschfeld. Broglie qui avait envoyé Lameth surveiller le prince était édifié sur son proche voisinage; d'autre part, il avait été prévenu par Stainville que Spärcken et Lückner étaient devant Vacha, et qu'il serait obligé d’évacuer le poste au cours de la nuit. Ces différents avis confirmèrent Broglie dans sa résolution de continuer sa retraite sur Fulde.

Pour l’effectuer il eut recours à une étape de nuit : « Je chargeai M. de Diesbach, écrit-il (1), de faire l’arrière-garde des troupes qui étaient à Hirschfeld, de brûler et détruire les magasins de fourrages et de farines que nous y avions, ce qui a été exécuté avant mon départ, en sorte que les ennemis n'auront pas profité d’une ration. La marche fut pénible, le temps étant affreux, et les chemins plus mauvais qu'on ne peut le dire. Tout arriva cependant. à Hünfeld et environs, et MM. de Saint-Pern et de Solms m'y joignirent. M. de Stainville s’arrèta au village de Mittelaspach, Après quelques heures de repos, je fis partir les Saxons et le corps de M. de Saint-Pern pour

(1) Broglie à Choiseul, Fulde, 21 février 1761. Archives de la Guerre.

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aller à rulde et environs pour y avoir une tête si les ennemis y avaient marché par lu rive gauche. » Le lendemain la retraite fut poursuivie sur Fulde. Broglie ne dissimule pas l’'étonnement que lui occasionne la vigoureuse offensive de son adversaire : « Je vous avoue que cel& me parait si difficile que j'ai peine à me le figurer, et je ne vois aucune possibilité à ce qu'it puisse conduire par cette saison le canon et encore beaucoup moins les munitions nécessaires pour faire des sièges, vu l’état des chemins qui sont si mauvais que nos pièces de régiment ne peuvent s’en tirer, ainsi que 6 pièces de quatre longues qui font toute mon artillerie de pare, quoiqu’elles aïent double attelage. » Cependant, il ne voit d'autre parti à prendre que de hâter sa marche rétrograde : « La première chose et qui me paraît la plus urgente, c’est de ramener près de Francfort et Hanau la partie de l’armée qui est ici, afin qu’elle puisse se rejoindre avec le corps de cavalerie qui s’assemble sous Giessen, avec celui de M. Rougé, et avec les secours que M. Du Muy pourra au besoin amener du Bas-Rhin... Je laisserai une forte arrière-garde à M. votre frère qui fermera la marche; et aussitôt que je ne verrai plus de danger que les ennemis puissent ou veuillent nous attaquer, je me rendrai à Hanau et de là, où ma personne me paraitra le plus nécessaire. »

L'abandon de Hirschfeld et la destruction des magasins dont la formation avait coûté tant d'argent furent un lourd sacrifice pour l’armée française. Au dire du colonel Peirson (1) qui remplissait les fonctions d’intendant du contingent anglais, les dépôts brulés contenaient 80.000 sacs de farine, 50.000 sacs d'avoine et 400.000 rations de fourrages. La perte de Hirschfeld fut bientôt suivie de celle des approvisionnements de Fulde. Sur

(1) Pcirson à Newcastle, Neukirchen, 21 février 1761. Newcastle Papers.

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