MARCHE DES RENFORTS DU BAS-RHIN
des troupes affectées aux opérations en rase campagne le reste était en garnison à Munster, en route de Westphalie, occupé aux sièges de Cassel et Ziegenhayn, ou employé à la garde des communications. IL est probable que les ressources en personnel dont les deux généraux pouvaient disposer étaient à peuprès égales, mais Ferdinand n'avait, pour toute réserve, que les 4.000 hommes de 1: division d'Hardenberg appelés de Westphalie, et dont le départ laisserait cette province dégarnie. Quant au roi de Prusse, s’il couvrait Ferdinand de fleurs, s’il exaltait son mérite stratégique, il demeuraïit sourd (1) à ses prières désespérées, refusait absolument de lui continuer le concours de Syburg et envoyait ce général guerroyer contre l'armée des Cercles en Thuringe.
Pour les Français, au contraire, les perspectives s’amélioraient rapidement : le 21 février, Du Muy (2), en réponse à l'invitation que Broglie lui avait expédiée le 17 de Hirschfeld, lui annonce un renfort de 12.000 hommes en deux divisions : la première s'ébranlera de Cologne le 1% mars et sera, le #, à Hackenburg, la deuxième suivra à deux jours de distance; les unités seront réglées à 400 fusils par bataillon, à 75 sabres par escadron. A la même date, Chevert écrit de Liège (3) à Broglie qu'il a été désigné pour le commandement des troupes du Bas-Rhin en attendant la venue de Soubise, et qu'il se met à sa disposition. Le 25, il'est à Cologne et se concerte avec Du Muy (4) pour activer la mobilisation des renforts. Ce dernier mande qu’il espère être rendu, le # mars, à Limburg, où il compte trouver la division Roquepine et
(1) Voir la correspondance entre le Roi et le prince à la fin de février et au commencement de mars. Westphalen, V.
(2) Du Muy à Broglie, 22 février 1761. Archives de la Guerre. (3) Chevert à Broglie, 22 février 1761. Archives de la Guerre. (4) Chevert et Du Muy à Broglie, Cologne, 27 février 1761. Archives de la Guerre.
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l’ancienne division Maupeou, dont Valence avait pris le commandement; l’inondation de la Sieg le forcera à passer par Andernach et Coblertz et retardera de deux jours son arrivée à Limburg. Une fois la réunion des colonnes effectuée, il aura 17.000 hommes à sa disposition.
Ces nouvelles réconfortantes n'étaient pas encore parvenues à Broglie quand il expédia à Paris sa dépêche du 28 février (1). Son quartier général était à Budingen depuis le 26; un cordon de troupes légères, étendu depuis Hungen jusqu’à Birstein et Salmünster, le séparait de l'ennemi; le corps de Stainville, fort de 12 bataillons et 3 brigades de cavalerie, bouchait la trouée entre Gelenhausen et Budingen, il n’a plus d'inquiétude sur le compte de Rougé qui est parti de Marburg le 24, et s’est arrêté, le 25, à Butzbach. Les confédérés avancent ; on les évalue à 50 ou 60.000 hommes. D’après les délais que Du Muy prévoit pour sa marche, «il y a toujours apparence que si les ennemis se déterminent à venir sur Francfort, ils y arriveront avant qu'aucun secours du Bas-Rhin eût pu me rejoindre ». Il faut l'avouer, le désarroi qui régnait dans l'état-major de Francfort justifiait, jusqu'à un certain point, ce sombre pronostic. Dessalles, le gouverneur de la ville, sous le coup de la retraite générale, avait donné au commandant de Friedberg des instructions pour la destruction éventuelle des importants magasiis de cette localité. Le subordonné, plus frappé encore que son chef, perdit la tête, traduisit en ordre comportant une exécution immédiate ce qui n'était que précaution pour un cas possible, et fit incendier un gros stock de provisions et d'effets.
Il est superflu de dire que, dans les milieux militaires, la conduite de Broglie. fut sévèrement jugée; on lui rveprocha la forte garnison laissée à Cassel, la lenteur
(1) Broglie à Choiseul, Budingen, 28 février 1761. Archives de la Guerre.
re.