‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 148 sur 332 · SIÈGE DE CASSEL · texte numérisé non relu

SIÈGE DE CASSEL

Ferdinand lui envoya un renfort de 8 bataillons et pesa éncrgiquement sur la régence du Hanovre pour obtenir plus de chevaux et plus de vcitures. Enfin, la tranchée fut ouverte dans la soirée du'1°" mars; mais les travaux furent interrompus dans la nuit du 6 au 7 par un vigoureux effort de la garnison : « L'ennemia fait, écrit Lippe (1), une grande sortie ce matin, à la pointe du iour; ila attaqué la tranchée sur tout son front, il a percé au plus fort, c'est-à-dire sur la double place d'armes; il a culbuté les réghaents qui y étaient, et chassé généralement toutes les troupes de la tranchée; il a emmené en ville les # mortiers et encloué un canon de la batterie des 6 pièces de 12. J'ai rassemblé deux bataillons débandés (c'était Leib-Regiment des Hessois et les Grenadiers de Wangenheim). J'ai repris avec eux la tranchée que l'ennemi allait combler totalement et faisant en même temps avancer des troupes du camp, l'ennemi s’est retiré laissant une mèche allumée dans le dépôt de nos bombes, qui a sauté en l'air et causé un désordre affreux. L’ennemi a ruiné tout à fait la grande batterie près du jardin de Du Rosoy, c'est-à-dire le travail, car les pièces n’y étaient pas encore. Les troupes qui devaient défendre cette partie ont lâché honteusement le pied sans avoir presque souffert ; ceux qui étaient dans la place d'armes avancée n'ont pas mieux fait... Nous sommes bien faibles et fort neufs en fait de siège, et nous avons en tête les ennemis les plus redoutables du monde dans cette partie de la guerre : nous sommes après à nous rapiécer et à raccommoder..….. J'ai donné ordre à la réserve de faire feu sur ceux qui abandonneront la parallèle. Je crois qu’il n'y a eu que trop de monde de tués et blessés de notre part, les revers de la tranchée étaient parsemés de nos marts, et l'on ne voit que bras, jambes et corps sans tête, et têtes sans corps, à l'endroit où le dépôt a

(1) Lippe à Ferdinand, 7 mars 1761. Record Office

sauté. » Jugé responsable de cette affaire qui coûta aux confédérés, d’après l'état officiel, 34% officiers et soldats, le général Dreves fut traduit devant un conseil de guerre. En réponse à un appel de son lieutenant, Ferdinand lui expédia un nouveau renfort d'officiers d'artillerie et de * 1/2 bataillons, qui porta à 33 1/2 bataillons l'effectif des assiégeants ; la construction des batteries fut reprise avec un regain d'activité mais, dans l’ensemble, le siège de Cassel ne faisait pas grands progrès. IL en était de même de celui de Ziegenhavn, où Zuckmantel, commandant de la place, se soutenait avec courage contre le général Schleiter. À Marburg, le château était bloqué, mais les belli- (18 gérants avaient conclu une convention de neutralité pour | la ville. Des autres postes, aucun n'était encore tombé aux mains des confédérés.

| Telle était la situation quand Broglie revint à l’offen- | sive, queique à ce sujet il ne semble pas avoir recu grand | encouragement de la part de sa cour. Dans sa corres- | pondance, Choiseul paraît plus occupé des préparatifs de la campagne prochaine, qu’on désirait ouvrir le 1° mai, | que de continuer les hostilités pour recouvrer la Hesse; le | k mars, il invite Chevert (1) à ne pas augmenter les aéta- | chements déjà en route pour la grande armée; le 8, il | exprime l'espoir (2) que Broglie pourra renvoyer les régi- | ments venus du Bas-Rhin dans un délai de 15 jours, afin qu'ils aient le temps d'effectuer leurs réparations. En | effet, le maréchal promet (3) de les restituer le plus tôt possible, « mais, ajoute-t-il, il faut commencer par | tâcher de sauver le château de Marburg et Ziegenhayn et engager les ennemis à se borner à garder i'Eder ». Les garnisons de Hesse et de Francfort absorbant un totai de 23.54: hommes, il ne disposera, pour tenir la campagne,

(1) Choiseul à Chevert, 4 mars 1761. Archives de la Guerre. (2) Choiseul à Broglie, 8 mars 1761. Archives de la Guerre. (3) Broglie à Choiseul, Wilbel, 11 mars 1761. Archives de la Guerre.

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