‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 152 sur 332 · FERDINAND SE RETIRE SUR LA DYMEL · texte numérisé non relu

FERDINAND SE RETIRE SUR LA DYMEL

héréditaire, qui faisait l’arrière-garde des confédérés, et le général de Poyannes. A noter un incident qui illustre les mœurs militaires de l'époque. « Peu de moments auparavant, écrit Broglie, M. le Prince s'était avancé à son ordinaire pour parler et avait eu une conversation avec M. de Rochambeau ; M. de Poyannes y était aussi venu sur la fin. » L'entretien à peine achevé, le combat commença; il se termina par la capture d’un aide de camp du prince, le colonel Jeanneret, commandant des hussards de Malakowsky et d'une soixantaine de hussards; les cavaliers français s'étaient emparés de # canons, dont ils ne pureni emmener qu'un seul. Au passage de la Schwalm, Broglie, qui s'était joint à son avant-garde, chercha sans succès à entamer la division de Lückner. Ce général « a très bien manœuvré toute la journée, et il faut que son infanterie ait presque toujours couru pour avoir pu s'éloigner avec la rapidité qu’elle à fait... la vivacité de cette reconduite encourage nos troupes et ne donne pas sûrement de l'audace aux leurs. Tous les prisonniers et déserteurs disent qu’il y a quinze jours qu'ils couchent au bivouac, sans entrer dans les villages; ils sont très déguenillés et paraissent souffrir beaucoup ».

Malgré la démoralisation qu'il constate chez les ennemis, Broglie ne peut croire (1) qu’ils abandonnent la ligne de l'Eder; cependant dans l'espoir de les déterminer à un nouveau recul, « il fera marcher une grande partie de l'armée pour se rapprocher de Ziegenhayn dans la journée du 29. Comme M. de l'Isle, faute de caissons, ne peut pas me fournir du pain, plus loin que cette place, je serai obligé d’attendre la distribution du 31 pour faire un mouvement en avant sur la Schwalm, qui ne peut être de durée, dont je n'espère pas le succès que j'en désire,

(1) Broglie à Choiseul, Treyza, 28 mars 1761. Archives de la Guerre.

A: CL de ir 0e -

D a a EE

RS

mais que je serais, je crois, condamnable de ne pas teuter, vu qu'il ne me compromettra point, et que s'il y a un moyen de faire retirer l'ennemi, c'est de lui faire craindre d’être attaqué, quoique dans le poste qu'il occupe cela soit aussi impossible que dans celui derrière la Dymel ». Dans une lettre autographe écrite le lendemain à Choiseul, il revient sur son projet de la veille et le confirme. « Si Cassel était muni de magasins de vivres et de fourrages pour pouvoir nourrir l’armée seulement pendant deux ou trois distributions, je vous répondrais, je crois, d'y pénétrer soit par Ja rive droite de la Fulde, soit par l’Eder, mais si nous approchions de cette place, nous l’affamerions dans un moment, et l’armée ne pourrait séjourner à portée, aussi longtemps qu'il serait nécessaire, pour y faire parvenir un convoi de farines suffisant pour la ravitailler. Il faut donc se borner à ce que jé vous marque dans ma dépêche : avancer l'armée jusqu'aux environs de Ziegenhayn et Treyza, y prendre notre pain le 31, nous avancer ensuite par notre droite vers la Fulde et l’Eder, faire mine de vouloir attaquer les ennemis, chercher à le leur faire craindre, et voir si cela les engagera

à quitter Fritzlar; ils ne le feront certainement pas pour

cela, à moins qu’ils n’y soient forcés par la faim, ou qu'une terreur panique ne se soit emparée d'eux, ce qui n'est nullement croyable..….. »

Quelques heures après avoir tracé ces lignes, Broglie apprit à la fois un succès d’un de ses subordonnés et la levée du siège de Cassel. Le premier fait n'avait qu'une importance très relative : Dorigny, qui avait été dépèché pour inquiéter les derrières de l'armée confédérée, avait cerné et fait prisonnier un bataillon de la légion britannique détaché au blocus de Waldeck; il fut grièvement blessé dans l’oction.

Les incidents qui terminèrent le siège de Cassel nécessitent quelques développements : En dépit de l'échec du

Page 1