PERTES DES CONFÉDÉRÉS
choix aux soldats des troupes légères et aux dragons de Schomberg.
Broglie évalua à 18.000 hommes la perte de l'armée du prince Ferdinand pendant les mois de février et de mars 1761. Ce calcul paraît exagéré, mais à en juger par la réduction des effectifs que signale Ferdinand (1) dans sa correspondance avec la cour de Londres et le roi de Prusse, le déchet dut être important : « Tout le fruit de cette expédition, écrit-il à Holdernesse, se réduit à la prise et à la destruction des magasins que l'ennemi avait sur la Fulde et sur la Werra; ce qui ne saurait manquer de retarder sa campagne. Si je gagne six semaines de temps, j'espère que les troupes hanovriennes se pourront refaire, à moins que les maladies ne continuent à faire des ravages. Le duc, mon frère, vient de n'assurer que ses troupes, qui ont le plus souffert, tant dans cette expédition que précédemment, par les maladies, seront remises en état de servir à la fin du mois d'avril. Mais les troupes hessoises ne pourront point se compléter; et si même les maladies, qui règnent encore, cessent, je crains beaucoup qu'il y reste un vide considérable. Quant aux troupes britanniques, il faut de nombreuses recrues, et je ne saurais m'empêcher de témoigner à V. Excellence que, si l’on ne nous en envoyait de bonne heure et à temps, il ne faut point espérer d’en tirer le service qu'il serait à souhaiter d'en pouvoir tirer. Avec tout ceci, je ne dois pas cacher à V.E. que, quoique le pied de l'armée passe les 90.000 hommes, je n'ai jamais pu disposer encore de 70.090 combattants, même dans le temps où l'armée était dans l'état le plus florissant, Il n'y à pas moyen de se flatter que, quelque peine que je me donne, je puisse parvenir à remettre un pareil nombre sous les
(1) Ferdinand à Holdernesse, Thalem, 30 mars 1761. Record Office, Ferdinand à Frédéric, Brunpe, 31 mars 1761. Westphalen, V, p. 252.
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armes, surtout si la campagne dût s'ouvrir pendant le cours du mois de mai. Les ennemis ont eu très peu de malades en comparaison des nôtres. »
A partir du 1° avril, les hostilités cessèrent de part et d'autre. Ferdinand conserva un cordon de troupes sur la Dymel, dont la défense fut assurée par la coustruction de nombreuses redoutes ; le reste de l’armée alla se reposer et se réparer en Westphalie, dans l'évêché de Paderborn et le long du Weser. Du côté français, les garnisons de Gôüttingen et des places de la Hesse furent relevées et remplacées par des effectifs plus réduits; une vingtaine de bataillons cantonnèrent à Hirschfeld et dans la vallée de la Fulde; les régiments venus du Rhin furent restitués au corps de Soubise qui se réunissait sur ce fleuve; ceux qui devaient faire partie du commandement de Broglie refluèrent sur Francfort, Hanau et les vallées de la Lahn et du Mein. Le maréchal de Broglie, accompagné de son frère, s'établit de nouveau à Francfort et s’occupa activement des préparatifs pour les opérations de l'été.
En résumé, la campagne de 1760 avait duré 9 mois; marquée au début, comme celle de 1759, par de brillants succès pour la cause française, elle avait trainé en longueur depuis la prise de Cassel. Les deux adversaires n’avaient obtenu d'autre résultat que de se tenir mutuellement en échec. Si Ferdinand avait empêché Broglie d’envahir le Hanovre, par contre il n'avait pu le chasser de la Hesse; sa diversion sur Wesel et la rive gauche du Rhin avait échoué et malgré le vigoureux effort de février 1761, il s'était vu obligé d'abandonner aux Français la Hesse un moment reconquise. Rien à critiquer dans l'expédition qui se termina par la défaite de Clostercamp. Quant à la seconde tentative, peut-être le prince n’aurait-il pas dù essayer une entreprise pour laquelle il ne disposait pas de moyens adéquats; mais il serait injuste de ne pas reconnaitre la hardiesse de la concep-