‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 158 sur 332 · MISSION DE LE MERCIER · texte numérisé non relu

MISSION DE LE MERCIER

tout autant que de marchandises, attendaient la fin de la guerre pour connaitre le sort qui leur serait réservé.

Trois attaques étaient à prévoir ; Québec, le lac Ontario, le lac Champlain, seraient les points de départ des expéditions convergentes que l'ennemi dirigerait sur Montréal et qui auraient pour objectif d’acculer et d’anéantir, sous les murs de cette ville, ia poignée de défenseurs qui auraientsurvécu aux premiers combats. À l'invasion, quels obstacles pouvait-on opposer? De places fortes, il n’y en avait plus depuis la reddition de Québec, de Niagara et la destruction de Carillon, car il eût été ridicule d’honorer de ce titre les forts de pieux, simples ouvrages de campagne, dont les remparts, faits de terre et de troncs d'arbres et couronnés de palissades, étaient incapables de résister à l'artillerie. En fait de soldats, on n'avait que &.C00 hommes tant d'infanterie de ligne que de troupes coloniales et à peu près 8.000 miliciens. D'autre part, les accessoires indispensables pour la guerre, canons, munitions, habillements, souliers, provisions de tous genres, faisaient complètement défaut ou étaient en quantité dérisoire. Cet état de choses avait été exposé dans les dépêches dont Le Mercier fut le porteur. Il se résume dans les derniers mots de la lettre du chevalier de Lévis au maréchal de Belleisle : « Si le Roi ne juge pas devoir nous donner du secours, je dois vous prévenir qu'il ne faut plus compter sur ncus à la fin du mois de mai. »

Le Mercier, peu de jours après son arrivée en France, avait remis à la cour üx mémoire (1) dans lequel il rappelait les maux et les souffrances que ses compatriotes avaient supportés : « Ils se flattent encore que si leur sensibilité peut parvenir au pied du trône, que S. M. n’abandonnera pas des sujets qui n’ont cessé de donner des preuves de zèle, d'amour et de soumission. L’escla-

(1) Mémoire de Le Mercier, Versailles, 7 janvier 1760. Archives des Colo nies.

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fleuve : M. d’Anjac, commandant du convoi francais, qui n’a- 1] à 1 ÿ 1

vage leur sera d'autant plus douloureux qu'ils ne connaissaient que la victoire. » La pièce se terminait en soumettant à l'appréciation royale les alternatives suivantes :

« 1° Que de tous les avantages le plus grand pour la colonie serait La paix ;

2° Que siS. M. ne veut ou ne peut faire la paix, il faut envoyer des secours de toutes espèces desquels on puisse se nrometire de prendre Québec en arrivant, et pouvoir ensuite se soutenir contre les différentes tentatives de l'ennemi ;

3° Que si le Roi ne peut envoyer des secours suffisants pour s'emparer de Québec, que la colonie ne pourra se défendre pendant l'été, et qu’il serait à désirer que S. M. envoyât des ordres à son gouverneur général, afin qu'il puisse obtenir une capitulation pour la colonie, relative à ses VUEs ;

k° Quelque parti que S. M. prenne, il serait avantageux que l’on en informât de suite le gouverneur général, afin qu'il se préparât à l’exécution. »

Malgré la précision de ces conclusions, malgré l’insistance avec laquelle Vaudreuil et Lévis étaient revenus sur la nécessité de recevoir de l’aide dans les tout premiers jours de mai, la petite flottille française chargée du matériel et des munitions indispensables au salut du Canada ne débouqua de la Gironde que le 10 avril et n'arriva dans l'estuaire du Saint-Laurent que le 1# mai. L’escadre anglaise l’avait précédée de six jours et avait déjà remonté le

vait pour escorte que 3 petits bâtiments de guerre, fut obligé de se réfugier dans la rivière de Ristigouche, en Acadie, où ii demeura inactif jusqu'au mois de juillet, époque à laquelle ses navires furent attaqués et détruits par les Anglais. Le Canada allait donc être réduit à ses propres forces.

La mauvaise saison s'était écoulée sans événement important. Depuis la prise de Québec, la ligne de démarca-

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