‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 332 · SOLTIKOFF ET LES ATTACHÉS ALLIÉS · texte numérisé non relu

SOLTIKOFF ET LES ATTACHÉS ALLIÉS

avec peine que cette campagne ne serait pas plus décisive que la précédente ; il prétend qu’elle se passera à se tâter de tous les côtés sans une entreprise de part et d'autre. » Depuis son arrivée à l’armée vers le milieu de juin, son langage (1) n'avait guère changé, et à la veille de quitter Posen, il développait à Montalembert les pronostics les plus sombres sur les résultats des opérations : « Pour cette campagne, m'a-t-il dit (2), quelque belles qu'en soient les apparences, je ne sçay ce qui en sera, car je ne sçaurais douter que le Roy de Prusse ne cherche bientôt à s'unir à son frère, ou dans le Brandebourg ou dans la basse Silésie afin d’avoir ensemble 80 à 90 mille hommes, alors M. le Maréchal Daun (qui ne se trouve jamais trop fort) attirera à luy M. de Laudon, et comme il ne se meut point aussi vite à beaucoup près que le Roy de Prusse, et que peutêtre il ne sera pas fâché de s’en tenir éloigné, il le laissera asser pour venir en Silésie me tomber sur le corps. Je suis obligé d’obéir aux ordres de ma souveraine, m’a-t-il ajouté, mais je croirais abuser de sa confiance si je les exécutais sans précaution. Il ne serait pas juste que nous supportassions tout le poids de cette guerre. »

A l'égard des Autrichiens, et surtout de Daun, la méfiance du maréchal et de la plupart de ses lieutenants était poussée à l'extrême et se manifestait souvent par des pro-

pos peu convenables. « M. Plunkett, lieutenant-général

qui vient d'arriver, écrit Montalembert, et M. Fine, généralmajor, résident depuis deux ans à cette armée sont à peine

écoutés et plus on en enverrait, plus M. le Maréchal crain-

drait quelque dessein caché de lui faire faire plus qu'il ne

doit. » Plunkett, qui ne paraît avoir possédé ni le tact ni la

discrétion de son collègue français, était mal disposé pour

Soltikoff dont il trace (3) un crayon peu favorable : « Son

(1) Mesnager à Belleisle, 16 juin 1760. Archives de la Guerre. (2) Montalembert à Choiseul, Molsina, 26 juillet 1760. Arch. Guerre. (3) Plunkett à Kaunitz, Posen; 22 juillet 1760. Archives de la Guerre, Vienne.

génie n'est en vérité pas égal à un projet même des plus faciles ; si celuy que je luy ai présenté étoit tant soit peu compliqué, je désespérerois de la réussite. Jugez donc, Monseigneur, à quelle lenteur nous devons nous attendre puisque le Maréchal avec des talents aussi bornés veut tout faire luy même. Les généraux en chef s’en plaignent, le général Fermor avec beaucoup de retenue, mais le général Browne s’en est ouvert avec moy sans feinte, et m'en a parlé dans les termes les plus vifs. Il seroit à souhaiter que le maréchal voulüt consulter les généraux en chef et les chargeât du soin des arrangements. J'en ai écrit au comte d’Esterhasy, mais en même temps, il me paroit fort , délicat de faire parvenir un ordre de la Cour de Péters- À bourg là-dessus. » L'armée russe produit sur Plunkett uné excellente impression; elle est formée de 73.000 combattants, belle et bien pourvue : « la puissance de bien faire n'y manque assurément pas », mais de l’action commune, il n’espère pas grand résultat : « Plus on réfléchit sur la constitution de cette armée, l’irrésolution du chef, la Cistance affreuse entre luy et sa Cour, dont cependant il at-

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tendra toujours (du moins, je le crains) la direction, la ; lenteur inséparable de la composition de l’armée, une : artillerie immense, pesante et mal attelée, une quantité de ù chariots prodigieuse, trainant le pain et les vivres pour six JS : semaines, quand je réfléchis sur tout cela, je tremble. Il ! l à faut sans doute que les opérations de notre armée soient E E relatives à celles de l’armée russe, mais je crains que si ; nous suivons le système de régler tout à fait la manœuvre : de notre armée sur celle-cy, nous ne tirerons pas les avantages de cette campagne que son brillant début

nous promettoit. »

Le 24 juillet, un officier de Laudon était arrivé à Posen; il était porteur d’une lettre chiffrée que ni Plunkett, ni v Fine ne purent lire, faute de clef, et d’une dépèche pour Soltikoff, proposant l'envoi d’un contingent russe en Si-

des plus soit peu :z donc, attendre reut tout nent, le général m'en a ouhaiter \ chef et écrit au roit fort » Péterskett uné combatien faire mmune, it sur la , la Cisnt il attion, la ée, une antité de pour six mble. IL e soient s que si inœuvre pas les t début

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