MURRAY ATTAQUE LES FRANÇAIS
des portes de Québec aux villages de Sainte-Foy et de Sillery qu'entouraient de grands bois courant jusqu'aux falaises du Sain‘-Laurent. Le long de ces routes s’égrenaient alors les maisons des habitants, la plupart isolées et séparées les unes des autres, nous dit un narrateur, par des clos de 3 ou # arpents. Le combat allait se livrer à proximité du plateau (1) où Wolfe et Montcalm avaient rencontré quelques mois auparavant une mort glorieuse. Sur le même terra:n, les mêmes adversaires se retrouvaient en présence; d’un côté les #.000 réguliers de Murray, bien reposés, vétérans éprouvés, fiers de leur victoire récente, appuyés par une artillerie nombreuse; de l’autre, les 6.000 hommes de Lévis, presqu: sans artillerie, moitié troupiers en guenilles, moitié paysans sans uniformes, mal armés, mal chaussés, ceux-ci comme ceux-là fatigués de leur longue étape et de leurs tristes bivouacs.
Au cours de la nuit du 27 au 28 avril, le général britannique fit évacuer la maison Dumont, située sur la chaussée de Sainte-Foy à Québec; elle fut occupée au point du jour par les Français. La retraite de Murray fit croire que l'ennemi ne risquer ait pas un engagement et qu'il se bornerait à tenir derrière les mur: de Québec; aussi les premières heures de la journée du 28 furent-elles consacrées par Lévis à rechercher un endroit convenable pour y faire camper son arm: + et à préparer l'installation d'un dépôt de vivres à l’Anse-1u-Foulon où Wolfe avait opéré son débarquement l’année précédente. Quant aux Canadiens, ils s’attendaient si peu à une bataille qu'ils s'employèrent pour la plupart à nettoyer leurs fusils et à retirer les charges que la pluie de la nuit avait mouillées.
(1) Le théâtre de la bataille de Sainte-Foy est un peu au nord de celui de la bataille d'Abraham, de nombreuses constructions nouvelles ont modifié l'aspect des lieux que nous avons parcourus avec l'honorable M. Doine qui a bien voulu nous servir de cicerone. Le monument commémoratif a été élevé sur l'emplacement d'une des rencontres de la journée.
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Tout à coup, on vit l'armée anglaise, qui avait débouché de Québec vers7 heures du matin etqui, à en juger par la quantité d'outils emportés, paraissait vouloir se retrancher à faible distance de l'enceinte, prendre ses formations de combat, descendre des hauteurs, et marcher sur les cantonnements français.
Le général Murray, officier énergique, plein de confiance dans la supériorité morale de ses troupes, désireux peutêtre de se distinguer par une victoire dont l'honneur lui
reviendrait tout entier, s'était décidé à assumer l'offensive.
Voici les motifs qu’il fournit pour justifier sa conduite : « La place n’est pas fortifiée et est commandée partout du côté de la terre; ma garnison dont l'effectif s’est effondré à la suite du scorbut ni a sévi avec persistance jusqu'à ne compter que 3.000 combattants, s’affaiblissait de jour en jour; il m'était devenu impossible de me retrancher sur les hauteurs d'Abraham, quoique nous nous fussions munis depuis longtemps de fascines et de tout le matériel nécessaire : je ne pouvais donc hésiter un instant sur la convenance de livrer bataille à l’ennemi..... Comme chacun sait, la place n'est pas tenable contre une armée maïtresse des hauteurs. En conséquence, j'ai donné les ordres nécessaires au cours de la nuit, et à 7 heures le lendemain matin, je suis sorti avec toutes les forces que j'ai pu réunir et j'ai rangé ma petite armée sur les hauteurs. » Les troupes britanniques étaient réparties en deux brigades, chacune de 4 bataillons, celle de droite commandée par le colonel Burton, celle ae gauche aux ordres du colonel Fraser ; 2 bataillons étaient en réserve. L’infanterie légère du major Dalling couvrait le flanc droit, etun détachement de rangers et de volontaires le flanc gauche de l’armée ; chaque bataillon était accompagné de ses deux pièces de campagne.
Aussitôt qu'il se rendit compte des intentions de l’adversaire, Lévis fit hâter le déploiement de ses troupes, posta