BATAILLE DE SAINTE-FOY
cinq compagnies de grenadiers dans la maison Dumont pour yappuyer sa gauche et porta cinq autres compagnies sur une petite éminence qui devait masquer la droite de la ligne. « Les deux brigades (1) de la droite étaient placées et la troisième débouchait lorsque les ennemis, qui étaient formés, se mirent en mouvement pour les charger et firent usage de 24 bouches à feu qu'ils avaient et même de leur mousqueterie, lorsqu'ils furent plus près. » Lévis s'apercevant du danger auquel allaient être exposées les deux brigades de droite, encore en l'air, les fit « retirer à l'entrée du bois qui était derrière, pour attendre que les autres fussent formées et pussent les protéger ».
L'affaire s'engageait fâcheusement pour les Franco- Canadiens. Les voltigeurs anglais reprirent possession de la maison Dumont que les grenadiers français, se conformant au recul de leur droite, avaient évacuée. Pour comble de malheur, le brave Bourlamaque, qui surveillait ce mouvement, fut blessé pour la troisième fois depuis son arrivée au Canada et forcé de quitter le champ de bataille.
Ala droite, la retraite commandée par Lévis fut mise à profit par les troupes légères de Murray qui s’emparèrent du terrain abandonné. Encouragée par ces avantages, toute la ligne anglaise prit l'offensive, précédée par son artillerie qui déversait sur les Français une pluie de projectiles. Cette manœuvre, en faisant descendre les bataillons de Murray des hauteurs où ils étaient rangés au début de
l'action, fut la cause de leur perte. Les Français revenus de
leur surprise s'étaient ressaisis; à la gauche, les grenadiers d’Aiguebelle se sentant soutenus, se lancèrent à l’assaut de la maison Dumont et chassèrent l'infanterie légère britannique de cette bâtisse, ainsi que du moulin voisin; à leur suite, la brigade de la Sarre composée du bataillon
(1) Journal des campagnes de Lévis, p. 264.
de ce nom et de celui de Béarn marcha en ‘.vant sans tirer et sans se laisser arrêter par la mitraille.
Ici se place un épisode glorieux décrit par deux officiers français, Malartic et Johnstone, dont l’un fut acteur et dont l'autre reproduit le récit de ses compagnons d'armes. Pour aborder les Anglais, la brigade de la Sarre avait à traverser un bas-fonds recouvert de deux pieds de neige à moitié fondue. Le chevalier de Lévis la voyant fort empêtrée dans ce bourbier, lui fit dire de gagner l'abri de quelques maisons peu éloignées. L'officier porteur de cet ordre le traduisit en criant sans explication : « Demi-tour à droite ». Aussitôt un flottement et un commencement d’hésitation qui aurait pu mal tourner, les Anglais n'étant qu’à 50 pas. Malartic, major de la brigade, au lieu de faire face en arrière, comme l'aurait voulu le commandement, courut se placer à 15 pas en avant ; le vieux colonel d’Alquier, commandant de la brigade, se mit à côté de lui et, lui disant tout bas : « Major, je prends tout sur moi », s'écria à forte voix : « En avant, mes enfants, ce n’est pas le moment de reculer quand on est à 20 pas de l’ennemi; en avant et à la baïonnette. » Électrisés par les paroles et par la vue de leur colonel ruisselant du sang d’une blessure qu'il venait de recevoir, les hommes s’élancèrent à la charge et, par un choc irrésistible, enfoncèrent la ligne anglaise.
Entre temps, la maison et le moulin Dumont étaient le théâtre d’une lutte sanglante entre les grenadiers d’Aiguebelle et les Highlanders qui étaient accourus à l'aide de leurs camarades; les bâtiments finirent par rester au pouvoir des grenadiers, mais. au prix de sacrifices terribles ; à la fin de la bataille, les compagnies, d’un effectif normal de #5 hommes, étaient réduites à 1#.
Cependant, malgré ces heureux incidents, le gros des Anglais tenait bon; Murray avait fait appel à sa réserve et envoyé un bataillon au secours de sa droite. Lévis qui,
sans
offiiret mes.
ait à c'e à em- 1 de > cet tour nent ‘tant faire ent, d’Alet, Di », t pas emi; es et blesnt à igne
nt le guee de poues ; à rmal
s des serve qui,