‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 168 sur 332 · DIFFIQULTES DES TRAVAUX D'APPROCHE · texte numérisé non relu

DIFFIQULTES DES TRAVAUX D'APPROCHE

I est défendu par une enceinte de six bastions revêtus et presque sur une ligne droite. Un fossé, peu profond, dont l'excavation en quelques endroits n’est que de cinq à six pieds, quelques terres rapportées sur la contrescarpe, six à sept redoutes de bois construites par les Anglois couvroient cette enceinte. Le terrain pour les approches est pierreux; il devient presque roc en approchant de la place, et les hauteurs mêmes dont nous nous étions emparés ont à peine six pouces de terre. Il fut décidé, après avoir reconnu la place, qu'on couronneroit par une paallèle les hauteurs qui sont devant le front des bastions Saint-Louis, de la Glacière, et du cap au Diamant, et qu'on y élabliroit des batteries, d'où on espéroit, malgré l'éloignement et la faiblesse du calibre de nos pièces, qu'elles pourroient faire brèche, le revêtement étant dans cette partie. »

Le 29 avril, les opérations du siège débutèrent sous la direction de Pontleroy, commandant du génie, et de Montbeillard, commandant de l'artillerie. Le camp fut reporté à un quart de licue en arrière et on amorca la première parallèle, Le 1" mai, «on commença trois batteries, l’une de six pièces devait battre un peu en écharpe la face du bastion de la Glacière; une autre de quatre pièces, placée sur la gauche, battait directement cette partie; la troisième de trois pièces était dirigée sur le flanc du bastion Saint-Louis opposé à celui de la Glacière. On y joignit une batterie de deux mortiers. On ne pouvait construire la parallèle et ses batteries qu'avec des difficultés incroyables, On cheminait sur le roc, et il fallait porter la terre dans des sacs d’une fort grande distance. Les ennemis qui à tous moments démasquaient des pièces, nous retardaient beaucoup par des précautions qu'il fallait prendre; les boulets plongeant derrière les hauteurs, il y aveit peu d'endroits où l'on fût à couvert, l’on fut même obligé d'éloigner le camp ».

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Malgré l'activité déployée par l'assiégeant, Murray ne s'était pas laissé décourager; reconnaissons d'ailleurs qu'à plusieurs points de vue sa situation était meilleure que celle du gouverneur français de 1759. Une garnison de plus de 2.000 officiers et soldats, encore sous le coup de leur défaite, mais homogène, composée d’'excellents éléments et capable de se ressaisir rapidement, pas de population civile à mérager, aucune crainte d’une entreprise navale ou d'un bombardement énervant, espoir d'un prompt secours; à tous ces avantages allait s'ajouter l'inefficacité de l'attaque, entravée par l'insuffisance du matériel et le manque de munitions. Dès le 30 avril, Murray manifestait (1) sa confiance : « ‘ls (les Francais) ont déjà achevé leur première parallèle, mais j'espère que nous ne serons pas réduits aux extrémités avant l’arrivée de l’escadre que nous attendons tous les jours. S'il en était autrement, je me retirerai au pis aller avec ce que je pourrai dans l'ile d'Orléans et tiendrai là jusqu'à la venue des renforts. Si nous avions été maitres

du fleuve, où il est évident que des vaisseaux peuvent hiverner, ils n'auraient jamais osé faire leur tentative. »

Une fois de plus, la suprématie sur mer allait trancher le sort de la colonie. L'escadrille française ne se composait que de deux petites frégates, la Pomone et l’Atalante, cette dernière commandée par le brave Vauquelin que nous avons vu se distinguer pendant le siège de Louisbourg en 1758, et de quelques bâtiments de faible échantillon. Les Anglais n'avaient eu à leur opposer en premier lieu que deux frégates qui étaient restées à Québec et encore l’une d'elles avait fait voile le 1°" mai, sans doute pour chercher du secours. Lévis voulut profiter &: cette supériorité momentanée pour faire passer Vauquelin au-

(1) Murray à Amherst, dépêche déjà citée.

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