‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 172 sur 332 · DÉSORDRES DE LA RETRAITE · texte numérisé non relu

DÉSORDRES DE LA RETRAITE

les farines. Heureusement, le vaisseau de 5% que j'attendais à toute heure retourna à Québec. Je demandai en vain toute la journée un détachement et les rames qui étaient au Foulon, on ne put m'en envoyer. Je fis faire quelques rames, et je partis à l'entrée de la nuit avec une goëlette chargée de farine et 5 bateaux où j'avais fait mettre les poudres pour passer de nuit par le sud devant les frégaies anglaises. Le vent devint si violent lorsque je fus au delà de ces frégates, que mes bateaux et plusieurs autres, pa’tis du Foulon, qui avaient pris la même route furent dispersés. Trois chargés de poudre périrent ainsi que plusieurs des autres. » Quel que fût l'oficier responsable de ce désordre, ces abandons de munu:ons et de provisions eurent une répercussion déplorable sur la fin de la campagne défensive.

Pendant le mois de juin, il y eut un intervalle de répit, mais la situation de la colonie était désespérée, ainsi que le fait ressortir le résumé suivant emprunté au journal de Lévis : « La levée du siège, la retraite et les mauvais temps en se retirant de ce siège, où l'on avait porté en poudre, vivres et artillerie toutes les ressources de la colonie, nous mirent au dépourvu de toute espèce, Les bataillons étaient réduits à deux cent cinquante et au tiers des officiers, ayant laissé un détachement à Deschambeaux et un second à l'Ile aux Noix. IIS manquaient de fusils et de baïonnettes. Toute notre artillerie consistait dans les pièces de campagne que nous avions prises aux ennemis le 28 et à quarante boulets par pièce. Point de navire de guerre, que la flûte la Marie sur laquelle on mit quelques mauvais canons de fer. Nous avions deux demi-galères construites depuis peu à Montréal, deux bàtiments sur le lac Ontario, une goëlette et deux petites tartanes sur la rivière Saint-Jean, le tout assez mal pourvu d'équipages, la plupart des matelots s'étant retirés dans les paroisses. Nous n'avions pas la moitié

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de bateaux qu'il fallait pour le transport des troupes. Nulle espérance de secours, le fleuve étant couvert de vaisseaux de guerre anglais. Nous apprimes dans le mois de juin que des bâtiments qu'on avait envoyés de France, les ayant fait partir trop tard, les uns avaient été pris et les autres s'étaient réfugiés dans la Baie des Chaleurs. »

Ces derniers faisaient partie du convoi accompagné par trois petites frégates sous le pavillon de M. d’Angeac. Sortie, comme nous l'avons dit plus haut, de la Gironde le 10 avril, la flottille parvint sans encombre à la hauteur de l'ile Anticosti le 1# mai; dans ces parages on sut, par une barque dont on s’'empara, que l’escadre britannique était dans le golfe depuis 6 jours; D'Angeac fit voile pour la baie des Chaleurs où il amarina 5 navires anglais avec des cargaisons de valear, puis il s'abrila dans la rivière de Ristigouche sur les confins de l’Acadie, où lestransports et leur escorte demeurèrent, sans être inquiétés (1), jusqu'à la fin de juin. Le commandant avait expédié à Montréalles dépèches de la cour et « établi un camp pour rafraichir les troupes et leséquipages. Il y avait, mande-t-il, plus de 1.500 habitants réfugiés dans cette partie, mourant de faim, ayant eu des castors pour loute nourriture pendant l'hiver. Nous leur avons fourni des Vitres et nous avons mis des chaloupes en pôcl

Les 2% et 27 juin, on eut connaissance de plusieurs vaisseaux anglais qui cherchaient à pénétrer dans l'en bouchure: cela « nous engagea à remonter les nôtres |

plus avant qu'il serait possible dans la rivière el de tra

vailler à décharger les vivres et autres effets; on coula quelques bâtiments pour boucher le chenal; cette chaine était soutenue par deux batteries, mais n'ayant que de

1) Relation de la navigation de Ja petite flotte partie de Bordeaux. Record Office,

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