‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 176 sur 332 · LE CR · texte numérisé non relu

LE CR

LE «> O Lu Œ Lu OR...

«un + N

graphic

Photo

Gi

ciences Corporation

CA

CDN LR Tee mmm

Sy

re

D er

— re re

Bigot avait cherché à atténuer l'impression désastreuse occasionnée par cette mesure. Murray s'efforce de réfuter l'argumentation des autcrités de Montréal ; tout d’abord il s'étonne de les voir s'adresser « aux Canadiens, sujets de S. M. Britannique » ; il discute leurs assertions, d’ailleurs optimistes, et sur un ton sarcastique, démontre leur peu de valeur : « Il est à présumer que la letére circulaire parle plus véritablement quand elle dit que les billets de caisses ordonnaucés seront retirés et bien payés dès que les circonstances le permettront, parce que les circonstances ne le permettront jamais. S. M., à ce qu'il nous paraît, semble croire que les malversations de ses ministres ont bien contribué à la banqueroute qu'il est obligé de faire. » A retenir enfin les précautions prises pour obtenir la publicité voulue : « Vous lirez cette lettre à la porte de l'église, à l'issue de la messe un jorr de fête, et vous la ferez bien comprendre aux habitants, après quoi vous la ferez afficher à ladite porte, et prendrez soin qu'on ne l'ôte, sous prétexte que ce puisse être. »

Le terrain politique ainsi préparé, Murray s'apprêta remonter le Saint-Laurent; avec les meilleurs éléments de chaque régiment de sa garnison, il constitua un petit corps expéditionnaire de 2.450 combattants qui s'embarqua à Québec, le 14 juillet, sur une flotte de 75 transports ou berges escorte par 3 petites frégates. À cette date, le colonel Haviland et le général en chef Amherst étaient encore occupés à réunir ieur monde, 'e premier à Saint- Frédéric sur le lac Champlain, le second à Oswego sur le lac Ontario. Les progrès de Murray furent lents; il mit 12 jours à atteindre et à franchir les rapides de Richelieu; il eut à cette occasion avec Le corps de Dumas une escarmouche qui coûta quelques hommes aux deux partis. Au fur et à mesure de sa navigation, le général anglais imposait aux habitants le serment de neutra-

MURRAY REMONTE LE SAINT-LAURENT. 369 1se lité, Knox décrit (1) la cérémonie; on réunissait en cerré- ele les paysans, on leur faisait lever la main droite, *a- puis à tour de rôle chacun, en prononcant son nom, réns, ; citait les paroles réglementaires : « En la présence du ns, Dieu tout-puissant, je jure que je ne porterai pas les tre armes contre Georges Il, roi de la Grande-Bretagne, ir ni contre ses troupes et ses sujets; je ne fournirai à les ses ennemis aucun avis direct ou indirect. Que Dieu yés me soit en aide! »

Les Il n’est pas surprenant que la pression ainsi exercée u'il ait agi sur des pauvres gens qui se rendaient bien ses compte que la partic était perdue. Aussi les coions de la est rive sud que les troupes françaises avaient déjà évaises cuée, ne firent-ils pas de difficulté pour apporter à bord tire de la flottille des volailles, des légumes, des œufs et * de . d'autres denrées qu'ils échangeaient contre le sel, le porc nts. et le bœuf qui leur faisaient défaut.

ren- À la hauteur des Trois Rivières, le convoi de Murray isse défila devant les troupes françaises qui étaient rangées en

bataille pour s'opposer à un débarquement possible.

la Knox dépeint le spectacle en (2) termes enthousiastes : s de « Les Français, apparemment au nombre de 2.000, garorps nissaient leurs ouvrages, ils étaient en général habillés a à en uniformes sauf très peu de Canadiens et environ s ou 50 sauvages, le corps peint en couleur rougeûtre, le vile sage de nuances diverses; je les voyais distinctement avec ient ma lunette, défigurés pa des dessins fantastiques destinés aint- à frapper l'ennemi de terreur. La cavalerie légère qui sur caracolait sur la plage m'a paru bien équipée; elle était s; il À habillée en bleu avec des parements rouges; leurs offis de ciers étaient en uniformes blancs. En résumé, ces troupes, mas les batteries, les maisons ayant bon air, tout cela réuni leux

éral (1) Knox, Historical Journal, W, p. 354.

tra- (2) Knox, Historical Journal, WE, p. 361.

sur la rive d'un fleuve superbe, notre flottille à la voile défilant triomphalement, les bateaux rangés en bataille, de chaque côté le paysage égayé çà et 1à par des habitations bien entretenues, le tapis vert des champs, le feuillage des arbres, enfin un temps clair et agréable, tout cet ensemble constituait un tableau aussi charmant que l'imagination la plus fertile pourrait se le tracer. » Pour des raisons inconnues, les Français laissèrent passer le convoi sans un coup de canon et se contertèrent de le suivre en amont. Sans doute cette inaction était due à la mauvaise qualité ou au manque des munitions nécessaires : « Je mène mon canon, écrit vers cette époque Bourlamaque /1), mais ce n’est pas sans peine. Je n'ai pas encore fait tirer un coup sur les bâtiments, persuadé que, quand j'en incommoderai quelques-uns, je ne ferai pas manquer l'expédition, mais votre poudre. »

Tandis que Dumas remontait la rive gauche après avoir mis un détachement dans le fort de Jacques-Cartier, Bourlamaque avait été posté à Sorel à la jonction de la rivière de ce nom et du Saint-Laurent avec 700 hommes, dont la moitié « miliciens de mauvaise volonté ». Du 12 au 26 août, il reste à Sorel ou à Saint-Ours, surveillant les progrès de Murray, et échange avec Lévis des lettres presque journalières dans lesquelles il rend compte d’une situation devenue chaque jour plus désespérée. IL eût été peut-être possible d'infliger un échec à Murray avant l'entrée en scène des deux autres expéditions, le gouverneur de Québec, jusqu’à l’arrivée de Lord Rollo qui le rallia le 17 août avec deux bataillons venus de Louisbourg, n'ayant que des forces inférieures à celles de Lévis. Mais sans nouvelles d’'Ambherst, on ignorait encore si l'attaque du général en chef se produirait par le lac Champlain ou par le Saint-Laurent, Quant à Murray, depuis la des-

(1) Bourlamaque à Lévis, Sorel, 14 août 1760. Manuscrits Lévis,

Page 1