CAPITULATION DE MONTRÉAL
Acadiens étaient exclus du bénéäce de cette faveur, que Vaudreuil avait inutilement réclamée pour enx. La capitulation s'étendait à tous les postes encore aux mains des Français tels que Jacques-Cartier, l’île Sainte-Thérèse, Détroit et les postes des pays d’En Haut; en un mot, elle supprimait la domination française au Canada et dans ses dépendances.
Le 8 septembre au soir, le colonel Haldiman occupa la ville de Montréal au nom des Anglais; le 9, les troupes françaises mirent bas les armes sans honneurs militaires. Lévis avait fait brüler les drapeaux. Pour expliquer leur absence, on déclara (1) : « que les bataillons les avaient apportés au Canada, mais qu'ils avaient été déchirés et finalement détruits comme inutiles pour la guerre des bois ». Malgré la dureté d'Amherst, il y eut l’échange habituel de politesses; le 11, Vaudreuil reçut chez lui à diner le général en chef et le lendemain celui-ci invita : son tour le gouverneur général. Pas un officier des troupes de terre ne voulut assister à ces réceptions. D'après les chiffres officiels anglais, au moment de la reddition, l’eftectif des troupes de Lévis se montait à 201 officiers, 2.210 sous-officiers et soldats appartenant aux 8 bataillons de France, à 120 officiers et 1.052 hommes composant les
#0 compagnies de la Marine; en y ajoutant les quelques
artilleurs, les matelots, les femmes, les enfants et les domestiques, le total atteignait 3.963 personnes. L’effectif des forces britanniques, déduction faite des corps et détachements laissés en arrière, n'était pas inférieur à 14.000 combattants. L'embarquement des Français s’effectua dans le courant du mois de septembre; la descente du Saint- Laurent fut longue et fatigante à cause du manque de vivres, des échouages fréquents et de l'encombrement des bateaux. À Québec, ils furent pour la plupart transférés
(1) Amherst à Pitt, Québec, 4 octobre 1760. Record Office. North America,
sur d’autres bâtiments et rapatriés en France, non sans aventures de mer et quelques naufrages.
Ainsi que le récit des événements l’a démontré, la principsle cause de la perte du Canada fut la difficulté d’assurer l'arrivée à bon port des secours annuels en hommes et en matériel indispensables à la défense. Cet état de choses s’aggrava avec la durée de la guerre; au début des hostilités de 1756 et 1757, le pavillon français était représenté par des forces imposantes qui pouvaient lutter presque à égalité avec les flottes anglaises; en 1758, ce ne sont plus que des escadres inférieures en unités à celles | de l'ennemi; à la suite de la prise de Louisbourg les com- | munications sont devenues hasardeuses; la métropole est réduite, en 1759, à envoyer des bâtiments isolés ou des [il convois sans escorte suffisante. En 1760, la suprématie maritime de la Grande-Bretagne est définitivement établie; pour les expéditions de France plus nécessaires que 1 jamais, il faut avoir recours à l’initiative privée, se fier Ml au hasard des vents et des glaces dans l'espoir d’échap- À per aux croiseurs ennemis et d'accomplir le trajet en temps utile.
La cour de Versailles, responsable de l'erreur capitale qui avait grelfé sur la lutte maritime avec l'Angleterre la guerre épuisante de l'Allemagne, chercha à se dégager en alléguant l’énormité des charges canadiennes et l’impossibilité de supporter un fardeau dont le poids était hors de proportion avec la valeur de la colonie. Que les dépenses effectuées au Canada fussent très exagérées, que l'administration de la colonie et la gestion des affaires militaires fussent grevées par des escroqueries et par un gaspillage fâcheux, cela est incontestable. En temps normal de paix, pour 1750 par exemple, les dépenses de l'exercice avaient été liquidées à la somme de ; 2.131.000 livres, très exactement payée en fin d'année par la métropole. A partir de ceite époque, nous Les voyons
nt PET TR
rie