‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 189 sur 332 · MORT DE GEORGES I, — POURPARLERS ENTRE LA FRANCE ET L'ESPAGNE · texte numérisé non relu

MORT DE GEORGES I, — POURPARLERS ENTRE LA FRANCE ET L'ESPAGNE

Au cours de l'été de 1760, la politique intérieure de l'Angleterre ne fut troublée par aucun événement important; l’animosité latente qui existait entre Pitt, dont le prestige grandissait à vue d'œil, et Newcastle et ses amis qui jalousaient et craignaient à la fois leur irascible collègue, était loin d'être éteinte; elle était même entretenue par le Roi, aussi attaché au duc que mal disposé pour Pitt. Néanmoins, grâce à une entente tacite, on avait fini par se répartir les rôles : au dernier, la politique extérieure, La défense des mesures gouvernementales devant la Chambre des Communes; au premier, ce que nous appellerions aujourd'hui la cuisine électorale, les intrigues de couloir, la feuille des bénéfices, les rapports intimes avec le monarque. Tous les membres du cabinet étaient d'accord avec Georges Il pour donner la plus vive impulsion aux hostilités de terre et de mer; aussi n’avaient-ils pas attendu la rupture des négociations de la Haye pour renforcer le prince Ferdinand, soit en prenant à la solde anglaise des centingents allemands, soit en augmentant l'élément britannique de son armée. Pitt, naguère adversaire résolu de l’action directe sur le continent, était maintenant le plus zélé à appuyer

les demandes d'argent et d'hommes qui venaient du quartier général des Confédérés. La levée du siège de Québec, la perspective de la conquête complète du Canada, avaient grisé les esprits; on ne parlait plus de paix; on rêvait de nouvelles victoires, de nouvelles acquisitions aux dépens de l'ennemi héréditaire humilié et meurtri. Obéissant à ce courant d'opinior, }a corporation de la cité de Londres avait voté (1) une adresse au Roi lui promettant contre « une puissance plus dangereuse en temps de paix qu'en état de guerre », son appui jusqu’à ce que S. M. püt lui dicter les conditions du traité éventuel.

Il y avait cependant une ombre au tableau . le flot montant de la dépense grossissait à chaque exercice; la guerre d'Allemagne absorbait des sommes énormes sans espoir de compensations palpables. Resté Hanovrien dans ses sentiments et dans ses sympathies, le vieux roi était peut-être seul à entrevoir, sur le continent, des accroisser nts de territoire auxquels ses sujets britanniques restaient indifférents et souvent hostiles. Lady Yarmouth indiquait à Newcastle, comme véritable raison de l’aversion du souverain pour Pitt, le refus de celui-ci de se prêter au désir royal d'agrandir l'électorat du Hanovre au moyen de le sécularisation des trois évêchés voisins.

Quoique les deux chefs du gouvernement s’entendisseut assez mal, ils étaient d'accord pour se plaindre des agissements du monarque. Pitt avait sur le cœur (2) un manque d'égards qui se traduisait par des dénis de satisfaction à ses amis : Dans l'espèce, il s'agissait d’un protégé que le Roi ne voulait pas nommer au poste de gouverneur de la Guadeloupe : « C'était cependant lui, Pitt,

(1) Newcastle à Yorke, 17 octobre 1760. Newcastle Papers. (2) Newcastle à ITardwicke, 16 août 1760. Newcastle Papers.

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