DIFFICULTÉS FINANCIÈRES DE NEWCASTLE
qui avait réussi à faire accepter par la nation des mesures et des dépenses que personne avant lui n’avait pu soutenir avec succès, il avait acquis dans la nation un crédit tel, que S. M. pourrait un jour en sentir les effets. » D'après Newcastle, le propos du collègue était une affirmation de l'impossibilité dans laquelle on se trouverait de conduire les affaires du pays sans son concours. Quoique fort attaché à son maitre, Newcastle lui reprochait une parcimonie qui ne faisait que croitre avec l’âge. En dépit de l’état florissant de la liste civile qui fournissait un revenu de 27 millions de francs, sans compter 7 millions en caisse, Georges insistait pour laisser à la charge des contribuables britanniques des paiements qui auraient dû être prélevés sur la cassette royale. Aux sollicitations du ministre, qui réclamait un don de 250.000 francs pour le prince héréditaire de Brunswick et un subside de 500.000 francs pour la landgrave de Hesse, fille du Roi, le monarque répondait par des refus ou des fins de non-recevoir.
Eu sa qualité de ministre des Finances, Newcastle était, à bon droit, préocupé (1) du budget de 1761; pour: faire face aux frais de la marine, il avait été obligé d'affecter au compte de l'exercice 1760 les intérêts acquis au fond d'amortissement pour les neuf premiers mois de 1761. Aux 1.500.000 livres sterling ainsi avancées, il fallait ajouter 8.600.000 pour le budgei de la guerre, 6.000.000 pour celui de ‘a marine, 600.000 pour l'artillerie, soit en tout 16.100.000 livres sterling ou #02.500.000 livres de France, et « cela sans compter ur six pence pour les autres dépenses ordinaires ». Le vieux politique serait enclin à considérer un tel effort comme irréalisable, mais il se console en pensant qu'il y a beaucoup d'argent dans le pays. « Si nous pouvions présenter de bonnes garanties, je ne déses-
(1) Newcastle à Hardwicke, 27 septembre 1760, Ne wcastle Papers.