FRÉDÉRIC ET DAUN EN MARCHE SUR LA SILÉSIE
sant sur ces données, les Autrichiens devaient compter environ ##.000 baïonnettes et 24.000 sabres. Les etfectifs prussiens, un peu plus étoffés, étaient estimés par Mitchell (1) à 700 hommes par bataillon et 150 par escadron. L'armée des Cercles, commandée par le duc de Deux-Ponts, était en marche; sa première division forte de 16.000 combattants effectua sa jonction avec Daun à la date du 93 juin ; le général Lecszinki était resté à Saalfeld avec 6.000 hommes.
Depuis quelques jours, les deux adversaires étaient en mouvement; dans la nuit du 14 juin, le roi de Prusse avait jeté une division sur la rive droite de l'Elbe, il la rejoignit avec ses forces au complet à l'exception de Hülsen, laissé à la garde de Meissen: puis i! fit mine de menacer les Autrichiens sous Dresde. Tout se passa en démonstrations. Lascy, qui avait été visé par la manœuvre prussienne, se retira rapidement sur le camp de son chef que Frédéric n’osa pas attaquer. « Je suppose, écrit-il à son frère (2), queDaun y ajoutera (à l’armée des Cercles) à peu près 10.009 hommes et qu’alors, avec le reste de son armée, il voudra traverser la Lusace pour entrer en Silésie. Je prends ‘ous mes arrangements pour l'y suivre, si cela est nécessaire, et pour me joindre à Fouqué. » Le 24 juin la nouvelle du désastre de Landshut, que les Autrichiens venaient de fêter par des feux de joie, ut communiquée aux avant-postes prussiens ; cette défaite dans laquelle il avait sa grosse part de responsabilité, et le malheur arrivé à un vieil ami, émurent profondément le Roi. « On voit, dans tous ces événements, mande-t-il au prince Henri (3), un enchainement de fatalités qui se suivent, et l'opiniâtreté de la fortune à me persécuter. IL me prend des impatiences de me pendre, comme aux amants
(1) Mitchell à Holdernesse, Freyberg, 30 mars 1760. Mitchell Papers. (2) Frédéric à Henri, Radeburg, 20 juin 1760. Corresp. Polit., XIX, p. 434. (3) Frédéric à Henri, Gross-Dobritz, 28 juin 1760. Corresp. Polit., XIX, p. 462.
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de revoir leurs maitresses absentes; mais ä: faut pousser le cinquième acte jusqu'au dénouement. Vous n'avez rien à appréhender ni de Lascy, ni de Daun; je vous en tiendrai bon compte. » De son côté, Mitchell (1) note un grand découragement : « Son langage est abattu et empreint de plus de dureté que d'habitude, phénomène double qui produit une mauvaise impression sur l’armée. » Le 29 juin, le Roi se décide à marcher au secours de la Silésie; il en informe (2) le ministre Finckenstein : « Comme ilne faut pas douter que Daun me suivra avec son armée, laissant celle de l’Empire près de Dresde, je &: "vrai de tout mon possible de l’attaquer chemin faisant et de l’engager à une affaire décisive. » En exécution de ce concept, les troupes royales, la division Hülsen toujours exceptée, gagnèrent, le
2 juillet, les environs de Kônigsbrück sur la route de
Lusace. Le mème jour, Daun qui avait détaché le général Stampa avec 6.000 hommes pour renforcer Laudon, s'ébranla avec le gros, cédant à Deux-Ponts 17 bataillons et 3 régiments de cavalerie ; ce noyau, réuni au contingent de l’Empire, formait un total de 30.000 hommes, bien suffisant, avec la garnison de Dresde, pour tenir tête à ce qui restait de Prussiens en Saxe. Le 5 juillet, le quartier général autrichien était à Bauizen « :° lendemain à Gürlitz. On avait de l'avance sur le K:: :: dernier, après une tentative inutile contre Le corps ‘ie i :ey, qui s'était dérobé par un recul précipité vers Radeourg, avait poursuivi son mouvement sur la Silésie, et était parvenu au village de Nieder Gierka, au nord-ouest de Bautzen. Il y fit un séjour de deux jours, assez indécis, semble-t-il, sur la suite à donner à son expédition. « Je continuerai ainsi, écrit-il le 6 juillet à son frère (3), mon
(1) Mitchell à Holdernesse, très secret, Gross-Dobritz, 39 juin 1760, Müil.
chell Papers.
(2) Frédéric à Finckenstein, 29 juin 1760. Corresp. Polit., XIX. (3) Frédéric à Henri, Nieder Gierka, 6 juillet 1760, Corresp.Polit., XIX, p.482.
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