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pérerai pas de pouvoir obtenir au moins 10 millions de livres sterling, mais l'énorme accroissement de la dette publique peut soulever des considérations troublantes. » Des embarras de la trésorerie, Pitt n'avait cure; il exigeait les 16 millions nécessaires pour la guerre, mais il laissait à son collègue le souci de les trouver.
Parunenchainement logique, l'étude des voiesetmoyens, l'examen des nouveaux impôts auxquels il faudrait avoir recours, ramenaient constamment sur le tapis la question de la paix. Ne conviendrait-il pas de terminer cette guerre d'Allemagne à la fois coûteuse et impopulaire ? L'heure n’était-elle pas venue de consolider, par un traité, les conquêtes coloniales arrachées à la France? Sur ce point, les avis des miaistres étaient partagés; Newcastle et ses amis, touten penchant pour mettre fin aux hostilités, craignaient l'opinion et n'osaient prendre d'initiative; Holdernesse, aussi paresseux que nul, mais intrigant de premier ordre, faisait sa cour tantôt à Pitt, tantôt à lord Bute, le confident de l'héritier de la couronne. Pitt reconnaissait, à La vérité, dans ses entretiens particuliers, soit avec les membres du cabinet, soit avec l'envoyé prussien Knyphausen (1), la nécessité éventuelle de la paix, mais, en attendant, restait aussi partisan que par le passé d'entreprises contre les possessions d’outremer ou même contre le territoire métropolitain de la France.
Au début d'octobre 1760, l'expédition du prince héréditaire de Brunswick sur le Bas-Rhin battait son plein; le siège de Wesel était commence; le prince Ferdinand avait prié la cour de Londres d'exécuter, sur la côte des Pays-Bas, une diversion à l'effet d'arrêter la marche des renforts destinés au corps de Castries. Pour répondre à cet appel, Pitt proposa une opération contre l'ile de
(1) Newcastle à Hardwicke, 17 septembre 1760, Newcastle Papers.