‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 196 sur 332 · DEMANDES DE FRÉDÉRIC EN CAS DE PAIX PARTICULIÈRE · texte numérisé non relu

DEMANDES DE FRÉDÉRIC EN CAS DE PAIX PARTICULIÈRE

mesure les partageait. 11 commença l'entretien en rappelant au roi de Prusse que l'Angleterre n'avait jamais pris l'initiative de propositions de paix, que la question de la paix séparée avait été soulevée à sa demande; il s'appuya sur cette constatation pour engager, à propos de divergences entre les textes du résumé du 12 décembre et de la réponse royale du 28 décembre, une querelle de mots (1) à laquelle Frédéric mit fin en qualifiant les observations de « critiques gramrmnaticales » sur lesquelles il ne voulait pas « chicaner ». Une autre objection formulée par Mitchell ne put être écartée aussi facilement : Le précis du 12 décembre avait parlé (2) de « l'aider (le roi de Prusse) à entretenir les troupes allemandes qui pourraient passer à sa solde », tandis que dans la réponse, le roi de Prusse demandait à l'Angleterre si elle « voulait s'engager à fournir toutes les troupes allemandes qui se trouvaient à l’armée alliée ». À ce sujet, Mitchell déclara, au nom de son gouvernement, « que l'intention de S. M. n'avait jamais été que tout ou partie des troupes étrangères composant l’armée du Roi en Allemagne restât, après la paix avec la France, à la solde de l'Angleterre et püt agir comme soldats de la Grande-Bretagne; d’ailieurs, il n’était pas au pouvoir de l'Angleterre de décider que des troupes relevant d’autres princes entrassent au service du roi de Prusse; S. M. n'avait aucun droit de les passer au service d’un autre prince; le véritable sens du précis se restreignait à un secours pécuniaire dans lequel serait compris le subside actuel ». Aussitôt l'accord intervenu sur le chiffre de la subvention, « le Roi en sa qualité d’électeur, permettrait à un contingent de ses troupes électorales, proportionné aux subsides

(1) Mitchell à Holdernesse, Leipzig, 31 janvier 1761. Secret. Mitchell Papers.

(2) Ces mots ne se trouvent pas dans le texte de la Correspondance Politique, peut-être avaient-ils été introduits par Knyphausen dans les «a extraits » communiqués.

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votés, d'entrer à la solde et au service de la Prusse; en outre, le Roi emploierait tous ses efforts à obtenir du landgrave de Hesse et du duc de Brunswick une avtorisation du même genre ». Mitchell termina en demandant à étre fixé le plus tôt possible sur la somme que réclamerait le roi de Prusse, car « £. M. Britannique ne ferait aucun pas dans la voie des négociations pacifiques tant que le secours accordé au roi de Prusse, pour le cas d’une paix séparée avec l'Angleterre, ne serait pas mis en avant et fixé ».

A la surprise de Mitchell, le renseignement attendu ne lui fut pas fourni; au lieu de répondre à l'interrogation de la cour de Saint-James, Frédéric en formula une autre en écrivant à Knyphausen (1) qu’il ne pourra mettre en avant un chiffre, tant qu'il ne connaîtra pas le nombre de soldats allemands que l'Angleterre voudra mettre à sa disposition. À son tour le cabinet britannique fit la sourde oreille; Pitt (2) était peu favorable aux exigences prussiennes : si le ministère anglais, disait-il, avait retardé le renouvellement (3) du subside annuel, le roi de Prusse aurait été plus accommodant. Après tout, ne serait-il pas préférable de continuer la guerre générale, malgré ses charges, que de s'imposer 1 1/2 ou 2 millions de livres sterling pour des hostilités partielles sur le continent?

Depuis quelque temps, le grand ministre était aussi mécontent de la situation intérieure que de la politique extérieure. « Personne ne sait rien, s'était-il écrié (4); personne ne sait à qui s'adresser »; ces paroles conte-

(1) Frédéric à Knyphausen, Leipzig, 11 et 14 féviior 1761, Correspondance Politique, XX,p. 217.

(2) Newcastle à Hardwicke, 24 janvier 1761. Newcastle Papers.

(3) Le Parlement, dans sa session d'automne, avait voté le renouvellement du subside annuel accordé au roi de Prusse.

(4) Newcastle à Hardwicke, 3 janvier 1761. Newcastle Papers.

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