CORRESPONDANCE SUR LES GRIEFS ESPAGNOLS
qu'en sentiel que la pècherie de Terre-Neuve, la grande pépileur nière de nos marins et une des bases principales de la dé- puissance maritime de la Grande-Bretagne. Faites com- SAR prendre à M. Wall l’absolue impossibilité d'une conces- Joint sion sur ce point. » Au sujet du droit des commerçants qu'on anglais de couper les bois de campêche, Pitt signalait le Re nces « ton péremptoire et arbitraire » du mémoire délivré ‘1e cher par Fuentes, qui ne se bornait pas à nier ces droits, mais ji | À n de demandait au roi de la Grande-Bretagne « l'envoi immé- HER mé- diat d'ordres positifs pour l'évacuation sans exception de | ; le toutes les côtes ». Enfin, dernier grief, « la pièce espa- LH: l'Es- gnole ferme la porte à toute discussion, exige sur un ton QUE sit impérieux satisfaction sur tous les points et réclame une HET bati- réponse immédiate par écrit ». Le ministre anglais esti- LA Lusé ; mait au contraire qu'il fallait répondre à loisir ; « on don- EM Ma- nerait ainsi à Madrid le temps de revenir à une poli- AE Pr tique plus saine et d'adopter des conseils plus sages. Si El que l'effet souhaité se produit, la conclusion pourra être [NE gou- heureuse pour les deux pays; dans l’autre alternative, (L pas l'Angleterre n’aura rien à se reprocher ». Dans les der- (MUR pntra nièreslignes de sa dépêche, Pitt, malgré l'apparence agres- 4 Ver- sive de ses prémisses, manifestait quelque désir de conti- 14 pnser nuer la négociation. Il se déclarait prêt à régler l’exercice pl uter « d'un privilège non sans inconvénients peut-être pour à itié l'Espagne sur le pied actuel, mais sous une forme ou une ail du autre indispensable à la Grande-Bretagne ». ur à La mort d'Amélie de Saxe, reine d’Espagne, survenue qu'il le 27 septembre 1760, fit suspendre pendant quelque bchiéital temps les conversations diplomatiques. Le 6 novembre (1)
Re seulement, l'ambassadeur britannique eut l’occasion de po donner lecture à Wall de la lettre de Pitt. Le ministre
KE. espagnol en demanda un exemplaire, qui lui fut remis, à titre officieux, avec mention que la susdite dépêche
(1) Bristol à Pitt, 6 novembre 1760. Record Office, GUERRE DE SEPT ANS. — T. IV,
devait être considérée comme réplique aux mémoires de Fuentes. Enfin, le 10 janvier 1761, Wall fut en possession du précieux document et à même de réfuter les arguments anglais en maintenant les siens. Entre temps, il avait fait part à Bristol des appréciations de son maitre : « Le Roi avait constaté avec regret la tournure hautaine que la cour britannique avait donnée à ses communications; il voyait avec chagrin combien peu les Anglais étaient disposés à tenir compte des complaisances dues à l'Espagne pour sa conduite pendant la présente guerre (1). »
En dépit du mécontentement que laissaient apercevoir les paroles royales, dans sa réponse (2) à la fameuse dépèche du 26 septembre, Wall avait employé un langage des plus modérés. Des prétentions contradictoires et de la manière dont elles étaient envisagées, il trace une comparaison saisissante : « Les Anglais ont besoin de bois de campêche pour leurs manufactures; les Espagnols en avaient chez eux; ils ont commencé à laisser les Anglais les enlever, et aujourd'hui on leur défendrait d'une façon absolue de porter des restrictions à ce trafic; d'autre part, les Espagnols ont besoin de morue pour la manger, ce sont eux qui ont découvert autrefois les côtes où on la trouve, eux et d’autres ont pris possession de ces côtes ; puis ils ont pris l'habitude d'acheter ce poisson aux Anglais et aujourd’hui on veut rendre leurs achats obligatoires, qu’ils le veulent ou qu'ils ne le veulent pas, parce que, prétend-on, ils n'ont aucun droit d'aller la pêcher pour leur propre compte. Dans le traitement de cas aussi pareils, peut-on constater l'échange de procédés généreux desquels deux amis doivent user entre eux, alors que l’un à besoin de l’autre? ; L'offre de négocier que fait l'Angleterre, à première vue,
(1) Bristol à Pitt, 19 janvier 1761. Record Office. (2) Wall à Bristol, 24 janvier 1761. Newcastle Papers.
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