GRIMALDI PRODUIT UN PROJET DE TRAITÉ
bles intentions. S'ils se refusaient aux vues modérées de la France, il faudrait que S. M. Catholique joignit sans hésiter ses forces à celles du roi son cousin. » Wall ajouta que si les alliés de l'Angleterre étaient représentés au congrès, « S. M. Catholique était déterminée à se déclarer publiquement l'alliée inséparable de la France et à demander en conséquence que ses ministres y fussent également reçus ».
Lesnégociations quise tinrent entre VersaillesetLondres pendant les mois d’avril et de mai n’empêchèrent pas les pourparlers entre Choiseul et Grimaldi au sujet du traité d'alliance de suivre leur cours. Ce dernier avait rédigé un brouillon qu'il soumit au ministre. D'autre part, Wall inforrna Ossun (1) que S. M. Catholique avait exigé que les articles du projet « ne continssent rien qui pût gêner la France pour la conclusion prochaine de sa paix particulière avec l'Angleterre; que d’ailleurs le roi Catholique ne croyait pas que les Anglais commencassent les premiers la guerre, qu'il saurait de son côté retarder ou accélérer selon les circonstances les justes poursuites de ses prétentions; enfin que ce prince n'était point du tout intimidé par les forces des Anglais, et qu'il espérait de se trouver bientôt en état de leur causer plus de dommages qu'il n’en pourrait recevoir d'eux ».
Choiseul trouva le texte de Grimaldi « trop vague » et se mit à l’œuvre pour y substituer sa propre rédaction : « Je compte en conséquence, écrit-il à Ossun (2), lui donner incessamment un contre-projet divisé en deux parties qui formeront le plan de deux différents traités. L'un sera un pacte de famille à stipuler et à constater à perpétuité entre tous les souverains de la Maison de France et qui n'étant relatif qu'aux intérêts des branches
(1) Ossun à Choiïseul, 27 avril 1761. Affaires Etrangères. (2) Choiseul à Ossun, 12 mai 1761, Affaires Etrangères.
qui la composent sera exclusif pour toute autre puissance, Le second traité auquel d’autres puissances pourront être appelées à accéder, roulera sur les objets qui, regardant principalement le Roi et le roi d'Espagne, ont aussi des rapports plus ou moins directs avec d’autres rois ou républiques. » La lettre se termine par un mot aimable pour « M. Wall, ministre éclairé et fidèle du Roi son maitre ».
Quelques articles du projet de Grimaldi (1) avaient soulevé des objections de la part du cabinet français. On accepterait pour l'avenir l'engagement « de ne faire niécouter aucune proposition d'accommodement que d'un commun accord et consentement », mais donner à cette clause un effet rétroactif, ce serait renoncer à tout espoir de la paix avec l'Angleterre. L'objection visait une disposition due à la plume de l'ambassadeur d’après laquelle, dans la paix à intervenir, « soit qu'elle se traite dans le congrès, ou à Londres par le moyen de ministres particuliers, les deux monarques concourront également dans la négociation, et qu'en même temps on y agitera les deux points de discussion que le Roi Catholique a avec l'Angleterre. de facon que l’accommodement des dépendances de la couronne de France ne se décidera point sans que celles de la couronne d’Espagne soient réglées », Comme le faisait remarquer Choiseul avec beaucoup de justesse, « cette dernière couronne qui a absolument refusé toute espèce de secours au Roi pendant le cours de la guerre, voudrait se rendre la maitresse des couditions de la paix de la France et les faire dépendre de la convenance personnelle de S. M. Catholique ». Une abdication pareille était inadmissible. D'autre part, la France ne pouvait admettre un article secret qui stipulait, pour le cas de
(1) Projet de Grimaldi annexé à la lettre de Choiseul à Ossun, 26 mai
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