BOMBARDEMENT DE DRESDE
ance garnison, grâce aux renforts laissés par les alliés, se 1çais montait à 13.000 hommes, rejeta toute proposition, et npé- l'attaque commença. En attendant l’arrivée du pare de ran- siège, les Prussiens bombardèrent la ville avec leur argard tillerie de campagne. D’après Eichel (1), ordre avait été plus donné de ne viser que les remparts, mais soit déso- M, de É béissance, soit désir de réduire au silence quatre pièces légères que les Autrichiens avaient hissées dans la tour léric de la Kreuzkirche, les projectiles de l’assiégeant mirent s de le feu à l’église (2); l’incendie s’étendit au voisinage liés s et causa la ruine d’un grand nombre de maisons; les lenir Autrichiens, pour dégager l'enceinte, brülèrent une parmais tie des faubourgs. Dans la nuit du 17, les batteries reot la curent leurs mortiers et leurs gros canons et, tout en u’on tirant pour faire brèche, couvrirent la capitale d’une pluie sage de boulets et de bombes. « La journée du 18, rapporte min Montazet (3), fut terrible pour la malheureuse ville de n’es- Dresden, car le feu de l'ennemi fut dirigé comme avec la né main pour porter l'incendie dans les quartiers les mieux bâtis. » Ce même 18 au soir, Daun fit attaquer le poste de Weiss Hirsch, que les Prussiens occupaient depuisle 15, et les obligea à l’évacuer précipitamment avec perte de quelques centaines d'hommes. Ce petit échec força le prince d’Holstein à repasser sur la rive gauche de l'Elbe et ouvrit aux Autrichiens la libre communication avec les quartiers de la ville situés sur la rive droite. Le 19, avant le jour, un détachement de troupes légères appartenant au corps de Lascy poussa une pointe hardie sur le camp du Roi. Au dire de Montazet (4), l'alerte fut si chaude
(1) Eichel à Finckenstein, Gruna, 17 juillet 1760. Corresp. Polil., XIX, p. 497.
(2) Mitchell à Mackenzie, Leubnitz, 25 juillet 1760. Mitchell Papers.
(3) Montazet à Choiseul, Bischoffswerde, 2 août 1760. Affaires Etrangères, Autriche.
(4) Montazet à Choiseul, Bischoffswerde, 2 août 1760. Affaires Étrangères, Autriche,
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que le quartier royal fut surpris et il s’en fallut de peu que Frédéric ne fût enlevé. Le récit d’Eichel (1) qui fait mention de l’échauffourée, n'attache aucune importance à l'affaire qui n'aurait coûté aux Prussiens qu'une demidouzaine de hussards mis hors de combat.
En dépit de ces incidents, le siège continua et, avec lui, le bombardement. Ils furent interrompus, au cours de la nuit du 21 au 22, par une vigoureuse sortie de la garnison, appuyée par Daun; les batteries prussiennes furent bouleversées, les canons encloués et l’assaillant subit des pertes £ sérieuses que ne compensa pas la capture du général autrichien Nugent. Force fut au Roi d'abandonner l’entreprise contre Dresde et de concentrer ses troupes sur la rive gauche de l'Elbe, tout en conservant la possession du grand jardin et du faubourg de Pirna.
Aurait-il été possible pour Daun de tirer parti de sa supériorité numérique pour frapper un coup décisif contre Frédéric, dont la position, ou tout au moins celle du Prince d’Holstein, fut pendant plus de 24 heures singulièrement risquée? La fatigue des Autrichiens après leur retour à marches forcées de la Lusace explique l'inaction de la journée du 18 juillet; mais l’attaque de Weiss Hirch, engagée plus tôt, n’eût-elle pu être poussée à fond contre le corps isolé chargé du blocus de la Neustadt? Montazet essaya d’entrainer le maréchal et fait de ses efforts un récit (2) qui met en lumière le caractère de cet homme de guerre : « Je ne sais par quelle raison cette attaque fut encore différée. M. le Maréchal se contenta doncle 18 d'aller reconnaître le poste, et vers les 11 heures du matin... il donna ses ordres pour qu'il le fût (attaqué), le lendemain 19, à la pointe du jour. » Le 19, en guise d'action, se tint un
(1) Eichel à Finckenstein, Gruna, 20 juillet 1760. Corresp. Polil., XIX, p. 507.
(2) Montazet à Choiseul, Bischoffswerde, 2 août 1760. Affaires Étrangères, Autriche.
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