‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 214 sur 332 · OUVERTURES PACIFIQUES DE CHOISEUL A L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

OUVERTURES PACIFIQUES DE CHOISEUL A L'AUTRICHE

laisser tomber, en assurant la cour de Vienne que nous sommes les seuls dans l’Europe qui croient de bonne foi que M. Esterhazy n’a pasété autorisé par sa cour dans toutes les démarches qu'il a faites depuis six mois à celle dePéter:bourg. » Cecompromisn'avait pas été obtenu sans peine, car le quiproquo de Pétersbourg avait donné lizu à des séances des plus orageuses entre Choiseul et Starhemberg. Le premiers’indignait des soupçons quelquefois fondés qu'émettait Kaunitz sur la loyauté des procédés français; il ne pouvait supporter le ton et la morgue du cabinet de Vienne, aussi était-il enchanté de le trouver en défaut. L'occasion était trop favorable pour la laisser échapper ; Choiseul avait accablé de reproches l’envoyé de Marie-Thérèse (1) ; il s'était servi des mots de « tromperie, cachotterie, finesses et détours » pour qualifier la conduite de l'Autriche et avait demandé que celle-ci se justifiât en produisant les copies de la correspondance avec Esterhazy. Sur le refus de i'Autrichien de subir une humiliation pareille, Choiseul avait reconquis le sang-froid qu’il n’avait probablement jamais perdu, et s'était contenté d’un désaveu officieux. À en croire le dire d'Esterhazy lui-même à Lhopital (2), l’auteur responsable était bien Kaunitz qui l'avait informé que les changements et les modifications signés par l'Impératrice-Reine « avaient été faits et conseillés par le Roi et que S. M. y accéderait ». La clause à laquelle on faisait adhérer la France, sans avoir obtenu son assentiment, stipulait que « les deux Impératrices se garantissent d'une part la Silésie et le comté de Glatz et de l’autre que l’Impératrice de Russie aura à la paix, aux dépens du Roi de Prusse, les dédommagements qu’elle est en droit de demander ». Aucun avantage n'était assuré à la France pour prix de son consentement, et aucune mention n'était faite ni de ia Suède ni de la Pologne.

(1) Starhemberg à Kaunitz, 17 juillet 1760. Archives de Vienne. (2) Lhopital au comte de Choiseul, 15 juillet 1760. Affaires Etrangères.

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