ATERMOIEMENTS DE KAUNITZ
dive sans pleims pouvoirs et sans instructions de ma cour, une convention par laquelle j'engagerais le Roï à faire la campagne prochaine, et que je ne craignais pas d’être ni réprimandé, ni désavoué ; que je répondais de mème que si l'Impératrice pouvait noyenner notre paix particulière avec l'Angleterre à des conditions honnètes, je répondais encore que le Roi laisserait aller la guerre d'Allemagne aussi loin que l'Impératrice voudrait, Je ne pouvais rien dire de plus fort ni de plus rassurant ». De sa longue audience, le Français se déclare peu satisfait : Aux protestations sur les sentiments du Roi, sur sa volonté de maintenir l'accord, l'Impératrice n'a pas prêté l'attention affectueuse qu’il était en droit d'attendre: il a cru s’apercevoir que « l'ambition avait plus d'empire sur son âme que le sentiment ».
Marie-Thérèse avait terminé l'entretien en promettant une réponse au mémoire de Choiseul, mais elle s'était plainte de l’indiscrétion avec laquelle on parlait de la paix en France et à l’armée et avait appuyé sur la nécessité de faire « à tout événement toutes les démonstrations et les préparatifs de la campagne prochaine ». Dans sa dépêche à son cousin, le comte reconnait le bien-fondé de ces demandes : En échange des assurances qu'on lui donnerait à cet égard, il voudrait exiger de l'Autriche « un engagement formel... et une parole positive de consentir à entamer une négociation pour la paix. Elle ne s’y refusera pas, dans l'espérance de faire échouer cette négociation, mais étant une fois autorisés par l'aveu de nos alliés à traiter la paix générale, il nous sera facile de la conclure, et de les forcer à accepter les conditions qui nous auront paru raisonnables et qui nous conviendront ».
Aux impressions de l'ambassadeur il est intéressant de comparer celles de Kaunitz telles qu'elles ressortent de sa correspondance (1) de fin septembre avec
(1) Kaunitz à Starhemberg, 20, 22 el 29 septembre. Archives de Vienne, GUERRE DE SEPT ANS, — T, IV. 29