‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 222 sur 332 · QUESTION DE KAUNITZ SUR LES INTENTIONS DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

QUESTION DE KAUNITZ SUR LES INTENTIONS DE LA FRANCE

retirerait ses troupes de l'Allemagne... Vous sentez de quelle importance il est de savoir les véritables intentions du Roi et d'avoir sa réponse à évtlé question. Je ne sais si vous Mavez bien cojfifitis HE si je me suis expliqué assez nettement; je vais vous Ja femettre sous les veux. » En effet, il t'a répété la question dans les mêmes termes. J'ai répondu, apies ft petit motibht de réflexion : « Monsieur, je vous eflends tfb8 DIN! fais je vous avoue que je ne suls Hullbient autorisé à vous répondre, Mes instrucHions ne vont pas jusque-là. Ce cas n'est pas prévu el il he devait pas l'être. Le Roi rroit que ses alliés sont animés des mêmes sentiments que lui, qu'ils ne sont pas uniquement occupés de leurs intérêts, que les siens ne leur sont pas indifférents. » Le comte de Choiseul, ayant ainsi paré de son mieux le coup droil de Kaunitz, se réfugia dans des considérations personnelles sur la distinction entre la « possibilité et la volonté »: autre chose était « abandonner ses alliés dans l’adversité, ou refuser de suivre aveuglément leurs projets d'agrandissement aux dépens de ses intérêts les plus chers, L'un est un procédé adroit, l’autre est un acte de sagesse ou de nécessité ». À la suite de ce dialogue, le Français observe un peu naïvement, ce nous semble : « Je ne me suis pas trompé en remarquant que l'amitié est un mot à Vienne et non un sentiment el que ce mot n'est que le voilé de l'intérêt. »

L'ami qui demande à être relevé d'ensagements qu'il a librement consentis est en fort mauvaise posture pour faire appel à la sympathie de celui auquel il va porter un préjudice. Choiseul avait parfaitement conscience de la fausse situation de sa cour et, s'il l'avait oubliée, Fimpératrice se chargerait de la lui rappeler. Dans sa réponse officielle (1), cette princesse, tout en exprimant la part

(1) Mémoire de la cour de Vienne, 2° oclebre 1760, Affaires Étrangères.

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qu'elle prend aux malheurs de la France, n'accepte pas le reproche d'en avoir été la cause, attendu « que le Roï était en guerre avec l'Angleterre avant qu'elle ne füt sou alliée ; que le traité de Whitehall a précédé celui de Versailles ; que, quoiqu'elle ait été attaquée par le roi de Prusse dès le mois d'août 1756, elle n’a point pressé indiscrètement le Roi de la secourir ; qu'elle n’a pointexigé la guerre d'Hanovre ni que le Roi la fit en Allemagne dèsla première campagne de la facon dont il a lui-même jugé à propos de la faire ». Au surplus, l’Impératrice se prêterait volontiers au désir manifesté par la France de terminer la guerre; elle demeurait partisane de la paix comme elle l'avait été en 1757 et 1758, mais d'une naix « équitable, solide et digne de l'alliance ». ut de faire la déclaration que lui suggérait le Roi, il était indispensable de s'assurer le « concours ou au moins le consentement des alliés des deux couronnes ». Le premier pas à faire dans ce but serait de leur communiquer les propositions francaises : « l'Impératrice ne peut done qu'attendre que le Roi veuille bien lui faire savoir s'il persiste à penser qu'il est temps de faire cette communicaon, et quelles bornes ou quelle étendue il croit qu'il peut convenir de lui donner, après quoi et aussitôt qu'Elle aura reçu sa réponse, il peut compter qu Elle fera à cet égard tout ce qu'il faudra. Mais comme on ne saurait trop peser un parti aussi décisif que l’est celui dont il s’agit, l'Impératrice croirait manquer à ce qu'Elle doit au Roi et à ce qu'Elle se doit à elle-même, si Elle ne Le priait pasen même temps imstamment de vouloir bien faire encore les plus sérieuses réflexions sur ce sujet ».

Suit une énumération des objections qu'on peut opposer au projet de Choiseul : Atteinte portée au prestige de l'alance, accroissement de celui de l'Angleterrs at de la Prusse; erreur d’abandonne: ia partie à ur mémeut Lu le roi Frédérie est affaibli par la perte ae 1e Prusse

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