‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 225 sur 332 · RÉPLIQUE AU MÉMOIRE AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

RÉPLIQUE AU MÉMOIRE AUTRICHIEN

désir de recevoir le plus tôt possible le mémoire qu'on annoncait de Versailles sur la procédure à adopter pour amorcer la négociation.

Vers le 15 décembre, les pièces (1) arrivèrent de France ; elles se composaient d'une réplique du Roi à la réponse de l'Autriche, d’un projet de déclaration et d'une lettre explicative et particulière du ministre. Le mémoire débutait en reproduisant la théorie bien connue de la distinction des deux guerres : celle de la France et de l'Angleterre « sur laquelle la modération du Roi se fera connaitre lorsque l'Angleterre paraitra vouloir entrer dans des moyens raisonnables de conciliation; la seconde, la guerre d'Allemagne, est celle sur laquelle le Roi veut principalement s'expliquer avec ses fidèles alliés, tant en vertu de sa qualité de garant des traités de Westphalie conjointement avec la couronne de Suède, que relativement aux traités et aux engagements que S. M. à contractés avec l'Impératrice Reine, l'Impératrice de Russie et le roi de Suède ». Suit un exposé des devoirs des puissances garantes, des résultats obtenus par elles et de ceux qui restent à réaliser. Le due s'éait approprié Va thèse philosophique de son cousin : « Les obligations que le Roi a contractées par des traités ne sont pas moins sacrées pour 8, M, que colles du maintien de la paix de Wouthhaliu, als ces obligations sont sou mises à La loi naturelle de la possibilité: ce qui éltail prüticable et faisait le fondement d'un traité dans telle circonstance et singulièrement au commencement d'une guerre, diminue souvent de probabilité selon les evene ments de cette même guerre et finit par devenir impossible. » Le projet de déclaration visait spécialement ln Russie qui était invitée à sacrifier « même ses intérêts

(t) Due de Choiseul au camte, particulière, ? di 50. Affaires Etrangères.

personvels, comme le Roi est dans l'intention de sacrifier les siens au bonheur de l'Europe ».

Choiseul, en effet, avait repris son concept de se servir de la Russie comme messager de la paix. Il explique ses motifs (1) à son envoyé, Le Roi, tout en persistant à revendiquer l'initiative pour la France, avait estimé qu'il serait irop tôt pour en parler et avait adopté une procédure qui engagerait «la négociation de façon que la cour de Russie par vanité se chargeñt des détails de la pacification et en eût les mérites ainsi que les démérites rt que nous nous bornassions aux premières ouvertures et à échauffer les démarches de l'Impératrice de Russie ». En attribuant ce rôle à la cour de Pétersbourg, on éviterait une brouille avec l'Autriche, « car quelques espérances qu'elle vous donne, je doute très fort que M. de Kaunitz soit de bonne foi avec vous. Si vous parvenez, comme il y a lieu de l’espérer, par vos relations à ramener l'Impératrice et M. de Kaunitz à des vues de pacification raisonnables, non seulement vous rendrez un service important au Roi, mais par la connaissance que je crois avoir de li Cour de Vienne, ou je me suis bien trompé dans l'opinion que je m'en suis formé, il faut convenir que vous aurez opéré un miracle. Dans tous les cas, la volonté de la Russie aplanira beaucoup de difficultés à Vienne; j'&imerais mieux que l'obligation de faire la paix y fût imputée à la Cour de Pétersbourg qu'à la France ». Reste la question de la province de Prusse qui peut devenir « la pierre d'achoppement de la paix »; mais « la vanité de pacifier l'Europe peut entrer en compensation de conserver une conquête, surtout quand on étagera cette vanité par des moyens qui pourront satisfaire la cupidité des ministres russes ». D'ailleurs, le projet de nousser la Russie en avant n'était

(1) Duc de Choiseul au comte 4 décembre 1760. Affaires Élrangères.

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