INSTRUCTIONS DE BRETEUIL
vait avoir l'Impératrice de Russie, et qu'elle a° généreusement, pour le bien commun, voulu affronter le danger qu'il y avait pour la France d'être la première à donner une déclaration pacifique à chaque membre de l'alliance ».
Breteuil s’étendrait ensuite sur l'impossibilité de conquérir la Silésie, sur les inconvénients de continuer une guerre qui épuisera les alliés sars aboutir au succès, sur la résistance opiniâtre qu’opposera le roi de Prusse à la cession de la province don‘ il tire son titre royal. Aussitôt d'accord sur l'intérêt d'une prompte conclusion de la paix, Breteuil demandera verbalement « que l'Impératrice de Russie se charge des intérêts’ de l'alliance et fasse connaître aux rois d'Angleterre et de Prusse... qu'elle est à portée de traiter la paix générale pour toute l'alliance à des conditions raisonnables ». Jusqu'alors, rien de contradictoire avec les instructions officielles, mais ici commence la divergence : « Après avoir fait cette proposition à la Russie et lui avoir marqué nutre déférence et notre confiance, il serait très utile que M. le baron de Breteuil lui suggérât de proposer au Roi de se charger lui-même des intérêts des alliés dans la confection de la paix, sous prétexte que le Roï, intéressé comme les autres puissances dans la guerre d'Allemagne, a de plus à arranger avec l'Angleterre des intérèts considérables et étrangers à l'Allemagne. »
En résumé, Breteuil devait poursuivre les trois objectifs suivants : convaincre la Cour de Pétersbourg de la nécessité de terminer la guerre; lui faire accepter l'idée d'une solution rapide, l'amener à renoncer à la campagne prochaine, enfin, « après avoir offert à la Cour de Russie d’être chargée de la négociation de la paix, de lui faire désirer et demander que ce soit le Roi qui entame cette négociation, et pour marcher d'un pas sûr et peu sujet à inconvénient, d'obtenir du ministre russe un plan de pacification relativement à lAI-
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