LA COUR DE VIENNE PROPOSE UN CONGRÈS UNIQUE
jourd'hui; je pensais bien différemment il y a trois mois. Voilà comme sont les femmes! »
Entre temps, la conférence présidée par la souveraine avait examiné les propositions françaises du # décembre et avait élaboré, de son côté, une variante du projet de déclaration (1) : Deux questions y étaient traitées : sur la première, celle du principe de la paix, Leurs Majestés Impériales faisaient observer qu'elles avaient toutes les raisons de désirer la continuation de la guerre, mais prenant à cœur les circonstances de la France, elles étaient prêtes à faciliter, par tous les procédés possibles, et avec le consentement de tous les alliés, une paix satisfaisante et solide. La seconde question avait trait aux moyens d'atteindre ce but : le projet de pacification mis en avant par Choiseul «n'était pas pratique parce qu'on ignorait encore les vues des adversaires; il était dangereux parce qu'il produirait des malentendus entre les alliés, et fâcheux parce que le désir exprimé par la France de pousser à la paix le plus possible était en complète contradiction avec l'affirmation que le temps devait être consacré au plan de pacification ». Dès à présent l'Impératrite faisait des réserves sur l’étendue des sacrifices qu'elle pourrait être amenée à corsentir : Quand même, pour le cas de la terminaison des hostilités avant la prochaine campagne, elle se résignerait à ne pas se prévaloir des articles de traités stipulant l'acquisition de la Silésie et du comté de Glatz pour se contenter d’une partie de ces provinces, il serait entendu que, si la guerre se poursuivait, cette concession ne serait pas maintenue et n'aurait aucune valeur. Les conclusions de Choiseul ainsi écartécs, la conférence se prononçait pour la réunion d’un congrès où seraient traitées séparément les questions des deux guerres. La France serait chargée, au nom des alliés et avec leur assentiment, de faire part de
(1) Kaunitz à Starhemberg, 31 décembre 1760. Archives de Vienne. GUERRE DE SEPT ANS. — 1, IV, 30
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ces résolution: au rabinet anglais, soit par l'intermédiaire d'une autre pui.sance, soit par le prince Louis de Brunswick. En terminant sa dépêche, Kaunitz résumait les avantages que présentait son système et exprimait la conviction que Choiseul s'y rallierait comme au mode le plus expéditif d'arriver à ses fins.
A partir de ce moment, le débat allait porter sur le congrès dont Kaunitz était partisan et sur lequel il venait, conformément à ja décision de la conférence, de consulter la Russie, et le projet de Choiseul qui désirait réserver à la France la conduite de l* négociation et qui qualniait le congrès de procédure dilatoire. Par contre, le comte de Choiseul croyait impossible d'y échapper et avait écrit (1) dans ce sens au duc et à Breteuil.
La réponse de l'Autriche aux suggestions françaises du 4 décembre se croisa avec un nouveau mémoire de Versailles (2). Dans cette pièce, Choiseul revendiquait pour la France le rôle de représentant des intérêts de l'alliance. « Le Roi, sous la condition de ne rien transiger sur la guerre d'Allemagne sans le consentement des alliés, proposerait de se charger de la négociation et de faire les démarches convenables à cet égard, avec la dignité et la mesure qui lui convient ainsi qu'à ses hauts alliés. » Jusqu’alors aucune ouverture n'avait été tentée : aussi un démenti formel était-il opposé au bruit qui courait de la reprise des pourparlers à La Haye; l'on avait même refusé des passeports à mylord Maréchal, qui voulait traverser la France pour se rendre à Londres, dans la crainte que ce voyage ne donnât lieu à des rapports fâcheux. « Mais si les alliés y consentent et après qu'ils lui auront confié les conditions ui servent de base au traité de paix », le Roiferait part au roi d'Angleterre de la mission qu’il a acceptée.
(1) Comte de Choiseul au duc, 3 janvier 1761. Affaires Étrangères. Comte de Choiseul à Breteuil, 3 janvier 1761. Affaires Etrangères. (2) Mémoire de Choiseul pour Kaunitz, 5 janvier 1761. Affaires Étrangères.
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