COLÈRE DE CHOISEUL
d'armes sera limitée, illimitée ou n'existera pas au choix de L. M. Britannique et Prussienne ». Ces longues discussions et l'opposition de Kaunitz aux propositions rédigées à Versailles avaient fini par lasser la patience de Choiseul, qui d'ailleurs n’en possédait qu'une dose très réduite. IL s'emporte contre Kaunitz, l’accuse d'intrigues contre la France, « d’astuce grossière »; il refuse de croire à la sincérité des professions pacifiques rapportées de Vienne : « Je ne dois pas vous dissimuler, Monsieur, écrit-il (1) à son cousin, que M. le comte de Starhemberg n'avoue ni par son air, ni par ses propos, les désirs pacifiques qui vous sont montrés à Vienne. Je sais à n'en pouvoir douter que M. de Kaunitz fait passer dans toutes les cours que nous désirons la paix, et que nous voulons forcer l’Impératrice à faire une paix à laquelle elle se refuse. » La lettre se termine par les menaces dont Choiseul était coutumier, sauf à les oublier le lendemain : « Nous vous prévenons qu'après avoir fait les avances d'amitié et d'union dont vous avez été l'organe, le Roi ne croira pas manquer à ce qu'il doit à ses alliés lorsqu'il suivra les moyens qu'il jugera les plus propres, selon les circonstances, aux intérêts de son royaume, et S. M. manquerait à sa dignité si elle s’astreignait servilement à la volonté des puissances qui lui sont alliées. » Décidément l'entente entre les cours semblait bien com promise; elle ne se rétablit qu'après de longues et pénibles discussions.
Pas plus que ses devanciers, le projet de déclaration du 31 janvier n'eut de succès à Vienne. Kaunitz se montra intransigeant : « IL ne prendrait pas de détour, relate l'envoyé francais (2), pour me dire que cette déclaration lui paraissait inadmissible. » Il préparerait un contre-
(1) Duc de Choiseul au comte, 6 février 1761. Affaires Étrangères. (2) Comte de Choiseul au duc, 19 février 1761. Affaires Etrangères.
projet qu'il enverrait de suite à Paris et à Pétersbourg, Cette manière de procéder avait le grave inconvénient d'étendre à cette dernière capitale le débat qui se poursuivait à Vienne; les représentants des deux couronnes auprès de la Tzarine, munis d'instructions différentes, ne pourraient agir de concert et mettraient les ministres russes dans l'embarras. Frappé de ces considérations développées par le comte de Choiseul, Kaunitz demanda s'il ne serait pas possible de modifie” le document de Versailles avant de le transmettre à Pétersbourg. Le ccmte répliqua qu'il n'était pas « autorisé à faire des changements qui allaient jusqu'à dénaturer entièrement l'ouvrage ; il n'était pas si hardi et si entreprenant que M. d’'Esterhazy ». Cette flèche de parthe décochée, il prit congé. | D'après lui, c'était une question d'amour-propre qui {l causait l'opposition de Kaunitz; «il croit que la dignité ‘ de sa cour serait compromise, que lui-même serait exposé JA au blâme et il ne veut pas que la paix se fasse sans qu'il s'en mêle ». La conversation avait eu lieu le 7 février. Le 10, le comte de Choiseul avait connaissance de la contre-proposition autrichienne; elle repoussait et l’alter- ; native et la suspension illimitée, se prononcait pour un congrès général qui s'assemblerait à Augsbourg et offrait un armistice de six mois, à partir du 1° février. Breteuil fut aussitôt avisé du désaccord et invité à le traiter comme un incident de procédure sans répercussion sur le principe des ouvertures pacifiques : « Il est de notre intérêt, lui écrivit le comte de Choiïseul (1), que la Russie prenne un parti net et décidé, de manière que sur sa réponse nous puissions aller de l'avant sans être obligés (ll de lui demander de nouveaux éclaircissements. » Malheureusement, à Pétersbourg la situation était tout aussi embrouillée qu'à Vienne; au point de vue
(1) Corrte de Choiseul à Breteuil, 10 février 176€, Affaires Étrangères.
1rg.
ient )UT= nes , ne tres [ons nda | de mte Beou- Es- Igé.
qui nité )OSÉ qu'il ier.
> la terun rait euil iter sur tre sie