ACCORD DÉFINITIF DES ALLIÉS
Très favorable avec Breteuil aux propositions de, Choiseul, le chancelier russe, avec Esterhazy. était tout prêt à écouter les suggestions de Kaunitz. Le ministre français alla jusqu’à parler de laisser la Russie en dehors des négociations ; Starhemberg, plus prudent, aïffirma la solidarité entre les deux Impératrices. Choiseul de lui répliquer en demandant à quel allié la cour de Vienne accorderait la préférence en cas de conflit. L’Autr'chien se garda bien de donner une réponse précise à une question auss' embarrassante.
Enfin, dans la conférence qui fait l'objet de sa dépêche du 26 mars (1), l'ambassadeur de Marie-Thérèse se mit d'accord avec le ministre de Louis XV. Sous prétexte que la Russie avait adhéré à la procédure qu'il avait imaginée, Choiseul voulait insérer, dans ia lettre adressée à Pitt, la mention « que la France était autorisée à entrer en pourparlers avec l'Angleterre, à négocier et à arrêter les préliminaires en son nom et en celui de ses alliés ». Devant la résistance de Starhemberg qui combattit avec adresse une addition inacceptable pour sa souveraine, on revint au principe d'une déclaration commune relative au congrès. À ce document serait ajoutée une lettre de la cour de Versailles contenant les ouvertures pour un arrangement spécial entre la France cet l'Angleterre: cette pièce, préalablement communiquée ax représentants des alliés, ne traiterait que des conditions de paix entre les deux puissances à l'exclusion de toute autre matière.
Quani à la question de l'armistice qui avait donné lieu à de si gros débats, il fut entendu, après quelques objections de la part de Starhemberg, qu'elle ne serait posée que pour les hostilités entre la France et l'Angleterre, et sous la réserve que, pendant la durée de la suspension, ni l'Angleterre, ni ses alliés ne fourniraient de secours
(1) Starhemberg à Kaunilz, 26 mars 1761, Archives de Vienne,
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