‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 250 sur 332 · L'UTI POSSIDETIS DU MÉMOIRE FRANCAIS · texte numérisé non relu

L'UTI POSSIDETIS DU MÉMOIRE FRANCAIS

Versailles et de Londres pour leur accord particulier.

A la déclaration des puissances alliées étaient joints une lettre de Choiseul (1) à Pitt et un mémoire portant la même date du 26 mars. La lettre adressée à Pitt, après quelques mots affirmant l'union de la France avec ses alliés, abordait la question d'un traité entre les deux cours : « Le Roï, mon maitre... m'a autorisé d'envoyer à V.E. le mémoire ci-joint qui concerne uniquement les intérêts de la France et de l'Angleterre relativement à la guerre particulière des deux couronnes. » Le Roi espérait que « la manière franche avec laquelle il propose de traiter avec S. M. Britannique, Ôôtera toute méfiance dans Le cours de la négociation, si elle a lieu ». Le mémoire qui avait été rédigé par Choiseul en personne et qui fut le point de départ de toute les conversations, mérite d'être cité presque en entier : « Le roi Très Chrétien désire que la paix particulière de la France avec l'Angleterre soit unie à la paix générale de l'Europe, pour laquelle S. M. fait les vœux les plus sincères, mais comme la nature des objets qui ont occasionné la guerre entre la France et l'Angleterre, est totalement étrangère aux contestations de l’Allemagne, S. M. Très Chrétienne a pensé qu’il était nécessaire de convenir avec S. M. Britannique des points principaux qui formeront la base de leurs négociations particulières pour accélérer d'autant plus la conclusion générale de la paix. » En vue d’écarter « les discussions de nations sur leurs conquêtes réciproques.., source de méfiance, üe difficultés et de longueurs, et. pour prouver la franchise de ses procédés. le roi Très Chrétien propose à S. M. Britannique de convenir que relativement à l2 guerre particulière de la France et de l’Angleterre, les deux couronnes resteront en possession de ce qu'elles ont conquis l’une sur l’autre, et que la situation où elles se trouveront au premier de

(1) Choiseul à Pitt, 26 mars 1761. Affaires Etrangères. Record Oftice. GUERRE DE SEPT ANS. — T. IV. 32

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septembre de l'année 1761 aux Indes Orientales, au premier de juillet de ladite année aux Indes Occidentales et en Afrique, et au premier de mai prochain en Europ», sera la position qui servira de base au traité qui peut être négocié entre les deux puissances. Ce qui veut dire que le roi Très Chrétien pour donner un exemple d’humanité et contribuer au rétablissement de la tranquillité générale, fera le sacrifice des restitutions qu'il a lieu üe prétendre, en même temps qu’il conservera ce qu'il a acquis sur l'Angleterre pendant le cours de cette guerre. Cependant, comme S. M. Britannique pourrait penser que les termes proposés des mois de septembre, juillet et mai seraient ou trop rapprochés ou trop éloignés pour les avantages de la couronne britannique, ou que S. M. Britanni que croirait devoir faire des compensations de la totalité ou de partie des conquêtes réciproques des deux couronnes, sur ces deux objets, le roi Très Chrétien entrera volontiers en négociations avec S. M. Britannique lorsqu'il connaîtra ses intentions ».

Le cabinet anglais, ou plutôt le petit cénacle qui en incarnait la pensée directrice, ne perdit pas de temps pour examiner le document français et pour en peser avec soin les expressions. Quel était le sens des mots « conquêtes réciproques »? Il était difficile de supposer que le rédacteur français n’eût visé que les territoires conquis de part et d'autre sur Les possessions propres des deux couronnes. Une pareille interprétation laisserait à l'Angleterre le Canada, la Guadeloupe, le Sénégal avec leurs dépendances en échange de Minorque qui constituait la seule acquisition de la France. D’après Pitt (1), la proposition de Choiseul devait comprendre, quoique cela ne fût pas dit en mots précis, au titre de conquêtes, les pays occupés en Allemagne, tels que la Hesse et le canton de Gottingen

{1) Newcastle à Devonshire, 2 avril 1761. Newcastle Papers.

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