DISCUSSION DE L'UTI POSSIDETIS AVEC KAUNITZ
qui dépendait de l'électorat du Hanovre. Mais alors, la rédaction était bien fautive, car Cassel et Gottingen n'avaient rien à faire avec la couronne d'Angleterre. Les termes ambigus dont Choiseul s'était servi donnèrent lieu à des observations analogues à Vienne où copie des documents expédiés à Londres avait été remise à Kaunitz par l'ambassadeur français (1). Le chancelier « parut content de la manière dont cette importante expédition s’est faite et du concert qui a régné entre tous les ministres de l'alliance ». À propos de la clause de l’uti possidetis, « il a été un peu étonné des grands sacrifices que nous avons l'air de vouloir feire, en proposant que les deux couronnes resteront en possession de ce qu’elles ont conquis l’uneet l’autre. In'entendait par les acquisition faites sur l'Angleterre que l’île de Minorque et Le rétablissement de Dunkerque, qui paraissent un médiocre dédommagement de toutes les colonies que nous avons perdues ». Le terrain était délicat; le comte de Choiseul reste sur la réserve : «Je n’ai pas cru, Mons'eur, devoir ni le laisser dans cette erreur, ni lui déveilopper le sens caché et le mystère que je suppose dans cette clause ; car si je vous ai bien compris, l'explication complète n’en doit pas être confiée à nos alliés. Je me suis donc contenté de lui dire que la Hesse et le comté d’Hanau devaient être compris au nombre des conquêtes faites sur l’Angleterre, puisque dans la vérité, elles ont été faites sur son armée, et que le landgrave de Hesse n’a perdu ses États que pour la guerre propre et pour la cause de cette couronne. J'ai ajouté que votre intention, Monsieur, en faisant aux Anglais cette proposition qu'ils ne sauraient admettre, était d’en tirer contre eux une conséquence avantageuse pour nous, savoir : que mal à propos, ils se glorifiaient de leurs succès et de leurs conquêtes, et que leur situation n'était pas si brillante qu'ils affectaient de le croire, puisqu'ils ne
(1) Comte de Choiseul au due, Vienne, 5 avril 1761. Affaires Étrangères.
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pouvaient accepter la proposition de demeurer dans l'état où nous nous trouvons respectivement. M. de Kaunitz a adopté cette explication et a trouvé cette tournure fortingénieuse et fort adroite, Mais il pense, et je suis de son avis, que les Anglais ne répondront point à notre mémoire, et qu'en acceptent le congrès, ils diront qu'il faut y renvoyer la discussion de tout ce qui a rapport aux deux paix. » Ce pronostic était erroné comme la suite le démontrera.
Si la rédaction de Choïiseul avait manqué de précision, il en fut de même, à dessein sans doute, de celle de la réponse anglaise : Rien à dire sur la lettre de Pitt qui, à part une nhrase sur l'intention de soutenir les intérêts de S. M. Prussienne, ne contenait que des banalités. Le mémoire qui accom? agnait le billet avait été préparé avec soin; il reproduisait les passages du texte de Choiseul relatifs à l’union des deux paix dont l’une, la générale, ne devait pas être retardée par les débats engagés à propos de l’autre, la particulière. Pour cette dernière, on admettait les principes posés et, pour éviter tout malentendu, on répétait ici encore les expressions du document français : « 1° les deux couronnes resteront en possession de ce qu’elles ont conquis l'une sur l’autre; 2° la situation où elles se trouveront à certaines époques proposées sera la position qui servira de bnse au traité qui peut être négocié
‘entre les deux puissan&e. Quant à la première branche de
la susdite proposition, 3. M. Britannique se fait un plaisir de rendre ce qui est dû à la grandeur d'âme de S. M. Très Chrétienne qui, par des motifs d'humanité, fera le sacrifice à l'amour de la patrie, des restitutions qu'elle croit avoir lieu de prétendre, conservant en même temps ce qu'elle a acquis sur l'Angleterre pendant le cours de cette guerre. » Sur le second point, relatif aux époques à fixer pour l’application de la clause de l’uti possidetis, Piti présentait des arguments tirés des retards à prévoir dans la transmission des ordres, de l'éloignement des lieux, des variations de
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