‹ La guerre de Sept ans [microforme] (volume 2)Chapitre 255 sur 332 · D A ÉTAT · texte numérisé non relu

D A ÉTAT

l’appareillage du commodore Keppel; tout au moins au recu des déclarations du 26 mars, il lui eût été facile d'arrêter l’escadre en Manche; il n’en fit rien.

Bien plus, d’après le langage (1) qu'il tint à Georges IT, il est évident que Pitt comptait sur la réussite de son entreprise pour arracher un sacrifice additionnel à la France et qu’il se prévalait du manque de précision des propositions de Choiseul pour gagner le temps nécessaire à une conquête nouvelle qui ferait pencher, en faveur de l’Angleterre, une balance déjà inégale.

Dans le débat auquel donna lieu la lecture du courrier de Paris, Newcastle et Hardwicke opinèrent (2) pour l'acceptation pure et simple des dates françaises; le premier était partisan d’une suspension d’hostilités pendant six mois, comme le demandait le roi de Prusse : « Le sort de notre expédition de Belleisle sera décidé et quant à la perspective de s'emparer de Martinique ou de la Louisiane, elle est très incertaine, peut-être un succès de ces côtés nous embarrasserait-il plus qu’il nous aiderait à conclure la paix? » Pitt, au contraire, trouvait la prose (3) de Choiseul obscure et était d'avis d’entamer le plus tôt possible les explications verbales et de laisser aux représentants des deux pays, dont le voyage serait activé, le soin de discuter les points litigieux. Le cabinet, y compris Newcastle, se rallia, selon son habitude, à l'opinion du grand ministre.

En fait de verbiage inutile, le texte de Pitt (4) n'avait rien à envier à celui de Choiseul. Après les banalités d'usage, le secrétaire d'État s’exprimait comme suit « Aussi ne peut-il échapper aux lumières de V. E. que dans un commencement de rapprochement, des varia-

(1) Newcastle à Hardwicke, 17 avril 1761. Newcastle Papers. (2) Newcastle à Hardwicke, 25 avril 1761. Newcastle Papers. (3) Hardwicke à Newcastle, 24 avril 1761. Newcastle Papers. (4) Pitt à Choiseul, 28 avril 1761. Chatham Papers.

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